LE NOUVEAU GOUVERNEMENT ET LES NOUVEAUX DÉPUTÉS SE CROISENT À L'ASSEMBLÉE

Le baptême du feu

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Le gouvernement sera vivement interpellé par les députés, en particulier ceux de l'opposition, sur les moyens de mettre en oeuvre sa politique.

Il sera passé au peigne fin. Le Plan d'action du gouvernement fait actuellement l'objet d'une étude approfondie. Les partis politiques qui siègent au Parlement planchent depuis hier sur l'analyse du contenu. Réunion du bureau, réunion du groupe parlementaire, directives, les partis affûtent leurs armes et mobilisent leurs représentants pour faire face au gouvernement. Ce dernier sera vivement interpellé par les députés, en particulier ceux de l'opposition, sur les moyens de mettre en oeuvre sa politique. Certains partis n'ont pas attendu le mardi pour livrer leur lecture. Le parti du RND présente une analyse positive sur le Plan d'action. «Le Plan d'action met l'accent sur des points importants comme la transition économique», a affirmé Seddik Chihab, député du RND. Contacté par nos soins, ce proche de Ouyahia a soutenu que ce plan est issu du programme quinquennal du président de la République et le problème se pose dans l'application. «Il s'agit de l'appliquer tel qu'il est conçu et de faire vite. On a besoin de la rapidité et non pas de la précipitation», a-t-il dit tout en réitérant le soutien de son parti au Plan d'action du gouvernement. Chihab estime que pour réussir la transition économique, il faut mobiliser tous les moyens de recouvrement pour pallier le recul des recettes de pétrole tout en sauvegardant les subventions. Selon lui, cette mission n'est pas facile pour le gouvernement. «Ce n'est pas évident de pouvoir concilier entre les deux, les ressources et les subventions», a-t-il reconnu tout en plaidant pour une politique ciblée en matière de subventions. Le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia a adressé à ses députés les directives à suivre dans le débat sur le Plan d'action. Le parti du RND veut en finir avec les subventions qui profitent à toutes les couches sociales les riches au même titre que les pauvres. Cette question va faire l'objet de désaccord au sein de l'APN. Le Parti des travailleurs s'interroge sur cette question. Est-ce la fin des subventions? Est-ce le retour aux bons d'achat de l'ère coloniale et la division des Algériens en catégories riche et pauvre? se demandent les représentants de Louisa Hanoune, qui proposent de nouveau d'introduire l'impôt sur la fortune. Le Parti des travailleurs qui a toujours défendu les acquis sociaux affiche ses craintes quant au sort réservé aux subventions en ces temps de crise. D'autres partis ne se contentent pas uniquement du Plan d'action, mais exige la présentation d'un bilan sur la gestion de Sellal. Le secrétaire général du mouvement El-islah, Filali Ghouini, a mis l'accent sur la nécessité de rendre des comptes sur la gestion du gouvernement précédent pour pouvoir faire l'état des lieux. Ghouini estime que le Plan d'action est faible en termes de propositions pour une sortie de crise.
En tout cas, le débat promet d'être chaud à l'APN. Les députés seront nombreux à interpeller le gouvernement sur les différents dysfonctionnements relevés dans la gestion des projets et des fonds publics.
L'opposition attend ce moment avec impatience pour épingler le gouvernement. L'épuisement des recettes du Fonds de régulation (FRR) est un sujet qui donne du fil à retordre à l'opposition pour conforter ses positions. Selon une étude publiée récemment, le Fonds de régulation des recettes a subi la forte baisse de ses actifs. Depuis 2014, le FRR a vu ses actifs reculer de 90% suite aux ponctions régulièrement opérées par le gouvernement pour soutenir son budget. Autrement dit, l'ère des vaches grasses est révolue. Le gouvernement Tebboune n'aura pas un fonds de secours pour sauver sa gestion et faire face à des situations critiques. Contrairement à son prédécesseur, Abdelmadjid Tebboune doit sérieusement trouver des sources de financement pour pouvoir mettre en oeuvre sa feuille de route. Ce qui n'est pas une sinécure.