BÉJAÏA

La grogne s'invite dans la campagne

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La campagne électorale portant scrutin du 23 novembre s'est singularisée en ce début de sa deuxième semaine par le retour du fléau de fermetures de routes. Hier, les Routes nationales 75 et 12 ont été fermées respectivement à Tala Hamza et El Kseur. Motifs: le gaz de ville, l'eau potable et d'autres insuffisances, qui n'y sont pas sans susciter le ras-le-bol des habitants. Cet événement, qui s'invite à la campagne qui commence à prendre son envol, devrait inciter les postulants aux commandes des collectivités à réfléchir par deux fois sur les voies et moyens d'éviter ce fléau, dont les retombées ne pénalisent que le simple citoyen, loin d'avoir un quelconque lien avec les problèmes soulevés. Il va aussi de leur intérêt d'éliminer le décalage qu'il y a entre le discours politique et la réalité des problèmes du terrain.
La protestation de rue souvent motivée par des considérations socio-économiques s'invite pour la première fois au cours de cette campagne électorale portant élections locales du 23 novembre en cours.
La colère, qui a débordé, hier, dans la rue, est un message indirect à l'adresse des candidats en lice sur le fait que des attentes tardent à voir leur concrétisation et par ricochet, aux différentes listes postulant, les invitant à regarder de près leurs situations respectives qui doivent impérativement être solutionnées.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le fléau des fermetures de routes n'a pas du tout été abordé lors de cette première semaine de la campagne pour les locales. Bien que très préjudiciable au quotidien des citoyens et au développement économique local, les différentes listes semblent ignorer ce fléau, alors qu'il est de nature à constituer la priorité sur fond de solutions, à même de le réduire à défaut de l'éliminer totalement.
Le bon sens aurait voulu que ce sujet, qui a longtemps dénaturé la réputation de Béjaïa, soit en tête des priorités des candidats aussi bien indépendants que partisans. Dans leurs engagements, devrait figurer celui relatif à l'ouverture d'un véritable canal de communication et de dialogue avec au bout des solutions aux problèmes posés. L'élu local, n'est-il pas cette courroie de transmission entre les citoyens d'une commune donnée et l'autorité de la wilaya? N'est-il pas chargé à défaut de répondre aux doléances et de les transmettre aux directions exécutives concernées? N'est-il pas de son devoir de calmer les esprits pour éviter des conséquences fâcheuses? Autant de questions sur lesquelles les candidats devraient s'engager pour redonner une image autrement meilleure de la wilaya de Béjaïa, aujourd'hui réputée pour être une région à risque, pour ne pas dire infréquentable.
La dernière saison estivale, marquée par un recul jamais égalé, constitue un exemple, qui illustre à bien des égards, l'urgence d'orienter le débat sur ce sujet afin de l'éliminer de la vie de tous les jours. Cela ne saurait être que par un dialogue permanent entre les populations et leurs futurs représentants dans les assemblées locales. Des engagements devraient être pris dans ce sens. Saisir l'occasion de la campagne peut faire évoluer la situation dans le bon sens, celui que tout le monde attend