CELA SE PASSE À LA PRISON D'ORAN

Des téléphones portables pour des barons de la drogue

Par
image

Des barons du trafic de drogue effectuent, à partir de la prison, des appels téléphoniques.

Le département de Tayeb Louh n'a pas tardé à prendre des mesures s'imposant, en expédiant une commission ministérielle dans la wilaya d'Oran. Celle-ci a pour mission principale de tirer au clair l'affaire des cinq portables saisis dans le pavillon des trafiquants de drogue de la prison d'Oran. Les cadres de la direction générale des prisons près le ministère de la Justice auront donc du pain sur la planche pour délimiter les responsabilités de chacun, mais également en focalisant leur enquête dont les conclusions attendues sont portées essentiellement sur la manière avec laquelle les cinq portables en question ont été introduits dans la prison d'Oran et saisis des mains des barons du trafic de drogue. Les spécialistes en charge de la lutte contre les stupéfiants sont, eux aussi, stupéfaits en ayant vent d'une telle information qui, en un laps de temps record, a fait le tour de toute la wilaya laissant plus d'un pantois.
Y a-t-il eu relâchement de quelques agents gardiens de la prison devant passer au crible tous les paniers de nourriture expédiés par des familles des détenus.? Certains d'entre eux ont-ils été complices de l'introduction desdits portables dans la prison? Comment et pourquoi ces portables ont été introduits dans la prison et atterri dans les mains des barons du trafic de drogue?
Une telle affaire remet-elle en cause certaines mesures en faveur de détenus lambda en leur faisant jouir d'une certaine liberté, rentrant dans le cadre de l'application des mesures réformant le système pénitencier? D'autant plus que certains détenus sont perçus en tant que victimes, elles aussi, d'une situation sociale, avant qu'ils ne versent dans la criminalité, dont entre autres le trafic de drogue. Il ne s'agit pas là d'un simple fait divers. L'affaire a été déclenchée en fin de semaine écoulée lors d'un contrôle opéré des agents gardiens, suite à l'exploitation des informations faisant état que des barons du trafic de drogue effectuent, à partir de la prison, des appels téléphoniques. Une telle affaire nous rappelle celle de l'évasion, l'année dernière, d'un grand trafiquant de drogue; emprisonné dans la prison d'El Harrach à Alger. Saisissant l'opportunité qui lui a été offerte sur «un plateau en or, le fugitif a profité de la complicité de son avocate et de certains gardiens. Le mis en cause a pu sortir de l'établissement pénitencier en se faisant passer lui-même pour un avocat. En opérant son coup, ce dernier n'a pas hésité à porter la toge que revêtent généralement les hommes de loi, dont les avocats et un badge que son avocate lui avait laissé lors d'une précédente visite. Ce n'est pas tout. Le prisonnier-fugitif n'a toutefois pas accompli son forfait en agissant en solo avant de s'évader de la prison d'El Harrach.
Ayant réussi à franchir toutes les portes solides du centre pénitentiaire en toute quiétude, il a vite fait de rallier son père et son frère l'attendant à l'extérieur de la prison. Sur le champ, ses acolytes l'ont tout de suite conduit vers une destination inconnue. Ce n'est que durant la fin de la même journée que les employés de la prison se sont rendus compte de son évasion. Des mesures ont alors été prises, dont la suspension du directeur de la prison d'El Harrach. Aussi, plusieurs gardiens ont été interpellés dans le cadre de l'enquête ouverte. Celle-ci a abouti à la responsabilisation de ces gardiens ayant, après avoir fait l'objet d'enquête, fini par être placés sous mandat de dépôt. Idem pour l'avocate qui a été arrêtée par la gendarmerie. Après avoir été auditionnée, elle finira par reconnaître son implication dans une pareille affaire. Des sources d'alors avancent que le trafiquant-fugitif, aurait soudoyé les différents acteurs ayant organisé sa fuite en leur versant un important pactole estimé à 3 milliards de centimes.