SOLTANI INTERPELLE LES LEADERS POLITIQUES

"Laissez la présidentielle pour 2019!"

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Se référant au rendez-vous actuel, Bouguerra Soltani pense que le débat doit être porté sur de vraies solutions pour relancer le développement local et améliorer la gestion des affaires locales ainsi que la prise en charge des préoccupations des citoyens et le rôle des élus.

L'ex- patron du MSP se révolte contre cette campagne anticipée pour la présidentielle 2019. Bouguerra Soltani rompt le silence et interpelle les leaders politiques à ne pas confondre les choses. «Laissez la présidentielle pour 2019!», a-t-il affirmé dans une déclaration qu'il a faite à L'Expression. Contacté par nos soins, l'ancien ministre d'Etat estime que ce n'est ni le moment ni la conjoncture pour lancer un débat sur une échéance qui est prévue dans deux ans. «L'heure n'est pas à la présidentielle, mais aux locales», a-t-il tenu à préciser, une manière d'inviter les acteurs politiques à recadrer le débat. «Nous entamons une campagne pour les élections APC et APW et il faut que le discours soit porté, du point de vue politique, partisan et populaire, sur le programme de campagne pour les locales», a-t-il clarifié encore, à l'adresse de ceux qui se projettent déjà dans 2019. Se référant au rendez-vous actuel, Bouguerra Soltani pense que le débat doit être porté sur des vraies solutions pour relancer le développement local et améliorer la gestion des affaires locales ainsi que la prise en charge des préoccupations des citoyens et le rôle des élus dans tout ça. Ce qui n'est pas le cas. «Ce que nous avons vu et entendu depuis le début de la campagne n'a pas pris en considération ces questions, certains partis se sont plongés dans la présidentielle de 2019», a-t-il déploré. L'ancien patron du MSP voit, à travers cette campagne prématurée, un glissement du discours politique dont les conséquences risquent d'être néfastes. «En focalisant le débat sur le rendez-vous de 2019, cela va encourager l'abstention», a-t-il averti. Notre interlocuteur ne comprend pas pourquoi imposer un tel débat, alors qu'il s'agit des locales. Pour lui, il n' y a aucune raison pour évoquer la présidentielle durant cette campagne. Or, il explique cet intérêt par des calculs restreints entre les deux partis de la coalition. «Ils tentent de faire passer le message que le poste de président de la République est occupé jusqu'à 2019 et que les jeux sont déjà fermés», a-t-il soutenu. La sortie médiatique de Bouguerra Soltani s'adresse en ligne droite aux patrons des partis majoritaires, en l'occurrence le secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbès et celui du RND, Ahmed Ouyahia. Nul n'ignore que les deux poids lourds de la coalition présidentielle se sont livrés à une bataille non voilée par presse interposée, ces derniers jours. Le secrétaire général du FLN ne rate pas une occasion pour affirmer que le parti a déjà son candidat pour la magistrature suprême de 2019. «Ceux qui font des calculs pour 2019 se trompent. Ils ne devront pas compter sur le soutien du FLN», a déclaré Djamel Ould Abbès, lors du lancement de la campagne de son parti au Palais des nations à Alger le 29 octobre dernier. Une déclaration qui est loin d'être fortuite. Bien au contraire, elle traduit une lecture politique claire à l'adresse du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Connaissant parfaitement les ambitions de son allié du RND pour le rendez-vous de 2019, Ould Abbès a voulu donc fausser la piste en déclarant que le FLN aura son candidat en 2019. Certes, les deux responsables ont voulu répondre à la campagne lancée par les partisans de l'application de l'article 102 de la Constitution, mais ils n'ont pas camouflé leur animosité. Dans son message qu'il a adressé au peuple algérien à la veille du 1er Novembre, le président de la République a tenu à remettre les pendules à l'heure, en rappelant que «la République est bien solide avec ses institutions constitutionnelles élues et réélues toutes les cinq années, dans le cadre de règles transparentes, qui sont l'objet d'une modernisation continue». Le chef de l'Etat a même mis fin à cette polémique, en affirmant que «le pouvoir se conquiert désormais, aux échéances prévues par la Constitution, auprès du peuple souverain qui l'attribue par la voie des urnes, à la lumière de programmes concrets qui lui seront proposés».