DOMINIQUE DE VILLEPIN À ALGER LE 28 NOVEMBRE PROCHAIN

Une visite un peu plus que privée

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M. de Villepin a toujours mis l'accent sur l'urgence des solutions politiques, comme préconisé par l'Algérie, pour la Libye, la Syrie et le Yémen.

L'ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, est attendu à Alger pour une visite de trois jours, entre le 28 et le 30 novembre prochain, rapportent des sources concordantes. Hôte de l'ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, M. De Villepin donnera une conférence à l'Ecole supérieure algérienne des Affaires (Esaa). C'est ce qui ressort du programme du séjour de la personnalité française la plus proche des thèses algériennes en matière de politique internationale. Les sources qui rapportent cette visite n'évoquent pas d'éventuelles rencontres avec des responsables algériens, bien que l'homme bénéficie d'un préjugé très positif au sein de l'Exécutif national et plus globalement au niveau de la scène politique. Sa fameuse intervention à l'Onu, en 2003, où il s'était opposé à l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, lui vaut le respect de l'ensemble du personnel politique algérien. Une position qu'il n'a de cesse d'assumer depuis lors, insistant sur l'urgence des solutions politiques, comme préconisé par l'Algérie. Pour la Libye, la Syrie et le Yémen, Dominique de Villepin est sur la même ligne de conduite que la diplomatie algérienne. Ses positions courageuses sur le conflit palestino-israélien en fait un précieux allié de l'Algérie. Il faut dire que son influence n'est pas négligeable, même en dehors des arcanes du pouvoir en France. Ses interventions médiatiques et les conférences qu'il donne aux quatre coins du monde, font de lui un observateur appréciable et écouté de la scène politique internationale. D'ailleurs, le thème de la conférence qu'il donnera à l'Esaa «Réconcilier les silences, la littérature au service de la paix», traduit l'engagement de l'homme pour la paix mondiale. Cela dit, des observateurs de la scène algéro-française ne trouvent aucune motivation politique bilatérale à ce déplacement qui interviendra plus de deux semaines après la visite à Alger du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Hollandiste convaincu et partisan d'un rapprochement entre Alger et Paris. Les relations entre les deux pays sont, dit-on dans les deux capitales, au beau fixe et il n'est pas besoin d'intermédiaire informel pour dégeler quoi que ce soit, comme cela, a été le cas du temps de la présidence de Nicolas Sarkozy où Jean-Pierre Raffarin avait joué ce rôle, avec un certain succès, sur le plan économique, notamment. Il reste que le déplacement d'une personnalité de haut rang illustre, si besoin, la densité des rapports entre les deux pays et le fait que M. De Villepin donne une conférence à des étudiants algériens rapproche les deux pays quoi qu'on dise.