BOUIRA

Les fruits et légumes s'envolent

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Au regard des prix affichés, hier, sur les étals des divers marchés de Bouira, rien ne semble pouvoir éradiquer le phénomène de la spéculation et par conséquent la hausse des prix des fruits et légumes. Même le légume des pauvres, la pomme de terre, n'échappe pas à ces augmentations, que rien ne justifie.
Il y a un mois, l'autorité et dans le cadre du Syrpac (Système de régulation des produits agricoles de large consommation) a procédé à la mise sur le marché de plus de 70.000 tonnes avec comme perspective la réduction du coût de vente. Même après ce dégel, la pomme de terre a atteint, hier, la barre des 100 DA. Voilà par contre ce que déclarait le directeur des services agricoles de la wilaya au lancement de l'opération au mois de septembre dernier.
«Les marchés local et régional seront alimentés de manière régulière et suffisante pour réduire le prix à la consommation. Nos équipes veilleront sur le bon déroulement de cette opération d'envergure à même de garantir une meilleure traçabilité et un meilleur prix au consommateur», qui ajoutera que «la disponibilité du produit dès l'application des décisions réduira le prix qui ne saurait dépasser 30 DA le kilo».
Il est question bien sûr, de la pomme de terre stockée et non de la fraîche produite au sud du pays. Pour le commun des consommateurs, la question est celle de savoir pourquoi les publics continuent à accorder des facilitations, des aides et des subventions, quand à l'arrivée les uniques bénéficiaires restent le spéculateur et l'intermédiaire. Toutes les mesures prises antérieurement n'ont eu aucun impact sur le consommateur qui, à chaque fois subit.
La hausse semble s'élargir telle une tache d'huile.
La totalité des légumes ont vu leurs prix augmentés. La carotte, le navet, la courgette, les haricots verts, les aubergines, la laitue... sont autant de produits, dont le coût a été revu à la hausse, des hausses à deux chiffres. Pour les fruits de saison comme les agrumes, ils sont intouchables pour les petites bourses. La mandarine et l'orange précoces coûtent entre 250 et 350 DA/kg.
L'information de plus en plus persistante quant à une éventuelle augmentation du prix du pain divise les avis. Il y a ceux qui pensent que c'est là une mesure pour réduire le gaspillage.
Pour d'autres, la consommation abusive du pain n'est en fait qu'une conséquence directe de la cherté des autres produits de consommation.
«Le pauvre qui ne peut se permettre un kilo de pomme de terre à 100 DA, se rabat sur le pain», nous confie Hamid, le gardien d'une administration publique.
Dans cette ambiance suspecte et de plus en plus inquiétante, les candidats aux élections locales prochaines sillonnent les agglomérations en promettant «le paradis».