ARRACHAGE D'AFFICHES, SACCAGE DE BUREAUX, AGRESSIONS DE MILITANTS

La peur de dérapages plane sur la campagne

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Si l'arrachage des affiches par des inconnus, souvent par des militants des partis adversaires a été banalisé, il ne peut en être de même avec des actes de plus en plus violents. Les choses évoluent vers des pics plus dangereux. Les actes de ces dernières 48 heures font planer une réelle peur de dérapages. En effet, après la guéguerre des militants dans la commune de Tigzirt, le tour était celui du FFS de dénoncer le saccage de plusieurs de ses bureaux de section à travers plusieurs communes. Hier, les dénonciations du parti de feu Ait Ahmed ne se sont pas encore tues qu'un autre parti dénonce un autre acte de saccage de son bureau. C'est en effet la section de Mekla du RND qui a été victime de ces actes barbares. L'évolution des choses fait sérieusement craindre des dérapages aux conséquences inqualifiables. Jamais une campagne n'a connu autant d'incidents dangereux qui vont jusqu'à mettre le feu au bureau d'un parti. Depuis le début de la campagne, les opérations d'affichage ont été marquées par une généralisation des arrachages. Les candidats accusent des personnes inconnues avant de passer carrément aux accusations entre partis. Ce qui a engendré des rixes bénignes entre les candidats du RCD et ceux du FFS au village Tifra dans la commune de Tigzirt. La fédération du FFS de Tizi Ouzou s'est distinguée avec une déclaration où elle dénonce l'agression de son candidat dans la commune de Tigzirt avant que le RCD n'en fasse de même où il se dit étonné par les affirmations exagérées qui tentent de dénigrer ses militants. De ce côté et à ce stade, les rixes ont été précédées par des échanges d'invectives et autres procédés avant de passer à un autre stade, plus dangereux. Après les rixes, les choses évoluent donc vers des actes plus graves, le saccage des bureaux. L'évolution fait craindre le pire. Plusieurs bureaux ont été attaqués de nuit par des inconnus. Mais qui a intérêt à saccager le bureau d'un parti politique? Il y a deux jours, le FFS a annoncé le saccage du bureau de sa section de Yakouren, 50 km au nord-est du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou. Au matin, le bureau n'était plus que cendres, selon les témoignages des militants qui décrivaient avec effroi la sauvagerie des assaillants qui sont encore non identifiés. Moins de 24 heures plus tard, le même parti déplore, dans une déclaration, l'attaque subie par un deuxième bureau. Cette fois, c'était au tour de celui de sa section de Aït Abdelmoumen. Les assaillants ont suivi le même mode d'action qui consiste à mettre le feu après avoir saccagé les meubles et les documents. Hier donc, après que tout le monde fut convaincu que c'en était fini avec les actes de sabotage, une autre nouvelle tombe.
Le bureau de la section RND de Mekla a été saccagé dans la nuit de dimanche à lundi par des inconnus qui ont tout détruit sur leur passage. Toutefois, ces derniers passeront à la vitesse supérieure, à partir d'aujourd'hui, en faisant appel à leurs leaders. Première à descendre dans l'arène, Louisa Hanoune, la présidente du Parti des travailleurs, qui tient un grand meeting aujourd'hui à la Maison de la culture.