NECIB CATÉGORIQUE ET RASSURANT

Le prix de l'eau n'augmentera pas!

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Le ministre a indiqué que le gouvernement va continuer de soutenir le prix de l'eau potable malgré son coût élevé.

Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, qui était hier l'invité du Forum d'El Moudjahid s'est prononcé sur l'éventualité d'une hausse du prix de l'eau potable. «Je peux affirmer aujourd'hui qu'il n'y aura aucune augmentation du prix de l'eau potable», a rassuré le ministre non sans soutenir qu'«elle n'est même pas inscrite au niveau de la chefferie du gouvernement». Le premier responsable du secteur des ressources en eau a par contre rappelé au parterre de journalistes que la dernière augmentation du prix de l'eau potable remonte à l'année 2005.
«Et quand bien même le gouvernement envisagerait une hausse du prix du mètre cube, cela doit se faire sur la base d'un barème concernant uniquement les gros consommateurs», a tenu à préciser le ministre. Comme il a tenu à dire: «Le gouvernement va continuer à soutenir le prix de l'eau potable». Toujours à propos de se soutien l'invité du forum a révélé que «l'eau potable est facturée actuellement à raison de 20 DA le mètre cube alors que le prix de revient moyen est de 60 DA, voire plus dans la wilaya de Tizi Ouzou car dans cette région à forte dénivellation, il faut des pompes puissantes pour que l'eau potable arrive dans tous les villages en hauteur». Et de lancer pour clore ce chapitre: «L'écart entre le coût de revient et le prix administré est certes important mais le gouvernement cherche avant tout à préserver le pouvoir d'achat des ménages». Le ministre a également évoqué dans son intervention la question problématique de la fuite de l'eau potable dans le réseau AEP. «Actuellement le taux s'élève à 30%. Ce qui veut dire que sur 1 000 mètres cubes injectés dans le réseau par la Société de distribution de l'eau ADE (Algérienne des eaux) 700 litres arrivent dans les robinets et le reste s'inscrit au registre de la fuite», a-t-il déploré. Comme il n'a pas caché son indignation «au vu des milliards de dinars que l'Etat a investi dans le secteur et que l'on se retrouve avec un taux si élevé de pertes». Devant ce gâchis, Hocine Necib s'est montré formel: «Il faut que nous ramenions ce taux aux standards internationaux c'est-à-dire à moins de 20%». Pour ce faire, il va falloir et en priorité, «restructuré l'ADE car on ne peut concevoir que sur un effectif de 120.000 employés, 4% seulement font partie des équipes d'intervention sur le terrain pour réparer une fuite. Du coup et en concertation avec les responsables de cette entreprise, nous avons décidé d'assurer des formations aux métiers de l'eau à de nombreux agents de sécurité». Répondant à la question d'un confrère sur la gestion déléguée des eaux potables et si cette option allait être reconduite, le ministre a tenu à faire savoir pour ce qui concerne la société des eaux de Annaba Sean, le partenaire allemand a résilié le contrat.«A Constantine (Seco) ce n'est pas le satisfecit mais cela peut s'améliorer par contre à Oran (Seor), nous sommes plus que satisfaits car le partenaire espagnol, dont le contrat prend fin en 2017, s'est montré très dévoué et a formé nos jeunes universitaires aux métiers de l'eau. Nous pensons même recruter des expatriés espagnols pour continuer à assurer la formation de jeunes cadres de la Seor» a informé le ministre. A propos de la Seaal (Alger) «les résultats sont assez satisfaisants et c'est pourquoi nous allons proposer à Suez de reconduire son contrat qui expire en juin 2018», a indiqué Hocine Necib.
Soulignons enfin et à propos des niveaux d'eau actuels emmagasinés dans les barrages du pays que le ministre a révélé que «cette année les barrages sont remplis à 50%. Un taux que nous considérons comme acceptable dans la mesure où nous sommes à la fin d'une période de sécheresse (faute de pluie) marquée aussi par une très forte demande en eau potable». Et de préciser en outre: «Nous recevons près de 12 milliards de mètres cubes en offre pluviométrique, mais on a capté seulement 5 milliards de mètres cubes. Un rapport qu'il va falloir changer». Necib s'est également prononcé sur l'option dessalement de l'eau de mer qu'il a qualifiée de salutaire pour le pays non sans rappeler dans ce sens «que deux grandes usines de dessalement seront bientôt construites à Tarfa et à Tipasa».

A propos du gisement aquifère du Djurdjura
Le ministre a informé sur ce sujet qu'il a rencontré en son siège l'auteur de l'étude, à savoir l'expert international en matière de nappe aquifère, le professeur Abdelkader Saâdallah. Une rencontre qui a permis à ce dernier d'exposer dans le détail l'étude qu'il a menée. Selon le ministre, il a été convenu suite à cet exposé de pousser un plus l'étude pour arriver à cerner toutes les conditions de sa faisabilité.