DJAMEL OULD ABBÈS IRONISANT SUR SES ADVERSAIRES

"J'ai ramené un missile de Russie"

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Faut-il prendre au sérieux ces propos et s'attendre à des répliques foudroyantes de la part du patron du FLN? Des attaques qui vont donner du souffle et du rythme à la campagne électorale.

En attendant le bouton de son missile, c'est sur celui de l'ironie que le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès a appuyé hier. Dans une intervention qu'il a faite sur la page facebook de son parti, Ould Abbès a averti ses adversaires que le FLN dispose désormais d'un missile.
«J'ai ramené un missile de Russie et on appuiera sur le bouton contre tous ceux qui osent critiquer le FLN», a-t-il menacé. Il dit avoir pris connaissance des attaques dont il a été la cible durant son absence, «alors j'ai décidé de ramener un missile pour attaquer». S'agit-il de simples plaisanteries qui vont rajouter une couche à la morosité d'une campagne qui peine à démarrer?
Ou alors faut-il prendre au sérieux ces propos et s'attendre à des répliques foudroyantes de la part du patron du FLN? Des attaques qui vont donner du souffle et du rythme à la campagne électorale. Entamant sa deuxième semaine, elle est restée jusque-là fade et sans relief. Aussi, a-t-elle besoin d'une tonalité différente, de polémique et de l'énergie dans l'élocution. Cuirassé et insensible aux coups, Ould Abbès est un spécialiste de la controverse. Depuis ces derniers jours, il a fait l'objet de moqueries sur les réseaux sociaux et de plusieurs hommes politiques dont le président du MSP Abdelmadjid Menasra.
Lors d'un meeting électoral à Constantine, Menasra aurait traité Djamel Ould Abbès de clown lui reprochant de s'être exprimé sur la présidentielle de 2019. Depuis le début de cette campagne électorale, le secrétaire général du FLN revient de manière insistante sur le rendez-vous de 2019 au point d'agacer ses adversaires politiques. «Le prochain président de l'Algérie, Dieu le sait, nous aussi, nous le connaissons», a déclaré Djamel Ould-Abbès lors d'une rencontre avec les candidats et cadres de son parti.
Ould Abbès n'a certes pas révélé le nom du prochain président, mais ses propos ont suffi pour soulever un orage de commentaires au sein de la classe politique qui a failli oublier jusqu'à l'objet de cette même campagne.
Une fois la tempête soulevée, Ould Abbès s'est envolé samedi dernier, pour Moscou où il a participé au 12e Forum de Russie intitulé «Nous sommes unis» en qualité de représentant du président de la République Abdelaziz Bouteflika.
Organisé au palais du Kremlin à l'occasion de la «Journée de l'Unité nationale», célébrée le 4 novembre de chaque année en Russie, ce Forum a permis à Ould Abbès de présenter «le modèle algérien en matière de solidarité et de concorde, acquises par la société algérienne grâce à la solidarité et la Réconciliation nationales initiées par le président Bouteflika». «C'est avec ce message-là, que je suis venu en Russie qui commémore aujourd'hui la Journée de l'Unité nationale, avec l'objectif de cimenter davantage son identité nationale, sachant que la Russie est un pays multiethnique et multiconfessionnel», a indiqué Ould Abbès, évoquant, à propos de l'Algérie, sa diversité et sa richesse qui ont permis de promouvoir notre culture. Malgré les dures épreuves vécues par l'Algérie du fait des affres du terrorisme, les Algériens ont retrouvé l'espoir et ont cimenté leur solidarité «grâce à la concorde civile et à la Réconciliation nationale qui ont sauvé d'une manière irréversible l'unité d'un peuple algérien jaloux de sa souveraineté», a poursuivi Ould Abbès, soulignant également que «la Révolution de Novembre a été et demeure le ciment de notre unité nationale et doit demeurer un héritage rassembleur». A son retour il a pris connaissance des attaques dont il a fait l'objet. Mais gare à vous adversaires du FLN, Ould Abbès possède un missile...