UNIVERSITÉ DE TIZI OUZOU

Peur au département d'anglais

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Des témoignages font état d'une situation intenable à l'intérieur de la faculté. Des extras ont accès jusque dans les toilettes des étudiantes.

Les étudiants du département de langue anglaise de l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou réunis hier en assemblée générale ont décidé de prolonger leur grève jusqu'à satisfaction de leurs revendications. Leur arrêt des cours qui dure depuis deux semaines entre ainsi dans sa troisième phase alors que les examens approchent. Mais, bien que conscients de ce fait, les étudiants d'anglais préfèrent sacrifier leurs études pour que revienne la sécurité dans leur campus. Il y règne un climat d'insécurité inimaginable, selon les propos de leurs représentants.
Des témoignages font état d'une situation intenable à l'intérieur de la faculté. Des extras ont accès jusque dans les toilettes des étudiantes. Selon l'un des responsables de la coordination des étudiants, Jugurtha Ibersiene, la situation est vraiment insupportable. Ce qui a poussé la communauté à se lancer dans ce mouvement de grève illimité pour alerter les responsables sur l'état critique du campus. L'arrêt des cours, ajoute-t-il, intervient après des rencontres avec tous les responsables, le recteur, la doyenne et le chef de département. Les étudiants, précise Jugurtha, comprennent le souci du recteur de régler le problème graduellement, mais leur situation à l'intérieur du campus ne leur donne pas la latitude de plus de patience.
En effet, le campus est dans un état critique. Les étudiantes et les étudiants ont peur pour leurs vies. Rien qu'avant-hier, une étudiante a été agressée par des inconnus. D'autres ont été suivies jusque dans les toilettes et harcelées avant d'être agressées. Cela se passe, affirme d'autres étudiants, devant des gardiens qui ne sont pas en fait des agents de sécurité. Ils sont vraiment désarmés devant les extras qui font la loi. Selon beaucoup de témoignages, les agressions se multiplient. Tous les étudiants en sont victimes, mais ceux surtout visés sont les étudiants qui manifestent et qui tentent de s'organiser. Pour beaucoup d'étudiants, les extras profitent des franchises universitaires qui empêchent les corps de sécurité d'y entrer. Les gardiens, pratiquement tous âgés, en plus du fait de ne pas être des agents de sécurité au sens propre du terme, ne peuvent guère faire face à ces flux d'extras qui entrent et sortent sans être inquiétés. A rappeler d'ailleurs que l'insécurité est un phénomène qui doit interpeller tout le monde car il ne concerne pas uniquement quelques campus de l'université. Le diktat des voyous s'étend de jour en jour vers d'autres lieux. Des cours d'écoles ont été, durant plusieurs années, des arènes de combats entre bandes interposées. Il n'y a pas longtemps, le lycée de la commune de Boudjima a été le théâtre d'affrontement entre des extras venus de Boumerdès et des lycéens. Bilan: plusieurs blessés au couteau et des lycéennes transférées dans les centres de santé les plus proches à cause de chocs. A Aït Aïssa Mimoun, le lycée, fraîchement ouvert l'année dernière, a été envahi par des extras qui circulaient en motos dans la cours. Les lycéens ont dû se lancer dans un mouvement de grève pour alerter sur la situation.