HÔPITAL DE BOUIRA

Sit-in des spécialistes

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Les médecins spécialistes de l'Etablissement public hospitalier Mohamed-Boudiaf ont observé, hier, un sit-in d'une heure pour dénoncer les conditions de travail qu'ils considèrent insupportables. Parmi les doléances soulevées par les protestataires, des difficultés quotidiennes dans l'exercice de leurs missions. En plus du manque de moyens, de personnels pour certaines spécialités, les spécialistes disent être des laissés-pour-compte face à des patients et de leurs accompagnateurs. La porte-parole du groupe, le docteur chirurgienne Meziane, dressera une longue liste d'entraves à la bonne prise en charge des patients. En plus d'exiger le respect, les médecins ajoutent aussi la considération de la part de l'administration qu'ils interpellent pour les laisser travailler en leur âme et conscience. Des agents ont empêché les collègues des chaînes d'accomplir leur mission d'informer au motif que les médecins n'avaient pas déposé un préavis. Dans sa réponse, le directeur de l'hôpital Djamel Boutmeur admettra que tout n'est pas rose. «Oui, nous avons des difficultés comme dans l'ensemble des établissements de santé.
Notre gros souci reste le nombre de médecins réanimateurs (cinq) pour l'ensemble des services de l'EPH. Quand on sait le volume de travail effectué par ces spécialistes réanimateurs, nous reconnaissons qu'ils sont surexploités. La solution serait l'affectation d'autres praticiens dans cette spécialité. Dire que tout ne marche pas est faux, l'ensemble des services, oncologie, hémodialyse, maternité, orthopédie, ophtalmologie, imagerie médicale... travaillent et répondent aux sollicitations, dans la difficulté peut-être, mais dispensent les soins». Le problème de l'insécurité pour les médecins est l'autre grand problème qu'ils rencontrent lors des gardes. Le service le plus incriminé reste celui des urgences où souvent les médecins sont agressés, menacés et victimes de propos obscènes. Le directeur, là aussi, reconnaîtra la difficulté à contenir le flux de personnes qui se rendent quotidiennement à ce service. «Nous n'avons aucun moyen pour endiguer le phénomène de l'accompagnement du patient dans ce service. Parfois, c'est tout le village qui accompagne le malade.
Cette présence devient une autre pression pour le médecin qui est sollicité de partout.» Au milieu de ces avis opposés, personne ne trouve son compte. Chaque partie est peut-être la victime d'une politique de santé qu'il est temps de revoir pour plus d'efficacité. Les chiffres avancés par le directeur et concernant les achats de médicaments sont impressionnants, plus de 38 milliards de centimes. En face et c'est le paradoxe, le patient est quelquefois invité à acheter le médicament dehors dans les officines privées. Même si certains services fonctionnent convenablement, ceci ne doit pas être une raison pour laisser ceux qui se sont soulevés hier continuer à travailler dans des conditions lamentables. «nous avons organisé ce coup de gueule dans l'intérêt de nos patients et pour une meilleure prise en charge», avait conclu la porte-parole des praticiens spécialistes. Le directeur, de son côté, dit être ouvert au dialogue. La souffrance des malades voudrait que tout le monde se mette autour d'une table. Il y a urgence.