BALANCE DES PAIEMENTS, RÉSERVES DE CHANGES, RECETTES DES HYDROCARBURES

Le pétrole booste les chiffres

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Au moment où le déficit de la balance des paiements se rétracte, les réserves de changes passent à 106,292 milliards de dollars à fin juin 2017.

Les chiffres des finances du pays ont connu une amélioration relative au premier semestre 2017, en comparaison avec le dernier semestre de l'année dernière.
La principale explication à ces «performances» qui éloignent le pays de la banqueroute sont du seul fait de l'appréciation des prix du pétrole. Il reste que quel que soit l'origine de l'argent qui «sauve la face», il est le bienvenu, surtout lorsque cet apport financier fait reculer le déficit du solde global de la balance des paiements à 11,06 milliards de dollars au 1er semestre 2017, alors qu'il était de l'ordre de 14,61 milliards de dollars au même semestre de 2016 et de 11,42 milliards de dollars au 2ème semestre de la même année. Ce chiffre révélé, hier, par le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Loukal, dans un entretien accordé à l'APS, annonce un retour progressif à une situation financière maîtrisable, à condition que la tendance haussière des prix des hydrocarbures se confirme. Il faut savoir au passage que «la balance des paiements est le flux de biens (commerce extérieur des marchandises), de services, de revenus, de transferts de capitaux et les flux financiers réalisés entre l'Algérie (Etat, entreprises, particuliers) et le reste du monde. Soit l'ensemble des entrées et sorties de devises entre l'Algérie et les autres pays». Le déficit du solde global de la balance des paiements a eu pour effet de contracter les réserves de changes qui, annonce le gouverneur de la Banque d'Algérie, ont fondu de 7,846 milliards de dollars au premier semestre 2017. Ces réserves passent de 114,138 milliards de dollars à fin décembre 2016 à 106,292 milliards de dollars à fin juin 2017. Cette baisse est moindre que celle de la balance des paiements. Un état de fait dû à «l'effet de valorisation positif de près de 3,96 milliards de dollars résultant de l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar sur cette période», note le gouverneur de la BA, qui considère le montant «encore appréciable et adéquat, notamment au regard de l'encours très faible de la dette extérieure totale» qui se situe à 3,962 milliards de dollars seulement. Face à cette situation un peu moins périlleuse, en comparaison avec l'année dernière, l'économie nationale hors hydrocarbures n'aura pas été déterminante dans l'amélioration des principaux indices financiers.
Ainsi, si les recettes hors hydrocarbures ont grimpé de 74,5% avec un apport de 1 067,4 milliards de DA, au 1er semestre 2017, l'impact sur la réduction des déficits demeure marginal. Quant au Fonds de régulation des recettes, qui a permis de combler des déficits en 2015 et 2016, le gouverneur de la BA confirme son épuisement total au premier semestre de l'année en cours, alors qu'il contenait quelque 740 milliards DA à fin décembre 2016. Cela au plan des grands équilibres, quant à l'activité bancaire et ses relations avec la sphère économique et privée, Mohamed Loukal retient un dépôt à terme dans les comptes bancaires appréciables des entreprises privées et des ménages qui représentent trois fois celui des entreprises publiques. Ainsi, le secteur privé et les ménages ont déposé 3 338,4 milliards DA contre 1145,9 milliards DA pour les entreprises publiques. Pour leur part, les banques ont poursuivi le financement de l'économie, dont les montants ont progressé de plus de 7%, malgré la baisse de la masse monétaire.
Le gouverneur de la Banque d'Algérie a donc présenté un tableau plutôt acceptable de la situation financière du pays, même si, intrinsèquement, les raisons profondes qui ont conduit aux graves déficits de 2016 sont toujours présentes. Sauvées par une hausse des prix des hydrocarbures au premier semestre de l'année en cours, les finances du pays reprennent quelques couleurs, mais sans que cela n'apporte une solution définitive à la problématique du déficit de la balance des paiements.
Le redressement des finances permettra au gouvernement d'envisager les deux prochaines années, censées être les plus délicates, avec moins de stress. Cependant, assure l'ensemble des observateurs, cette situation est un sursis de plus et peut-être le dernier.
L'obligation d'engager les réformes nécessaires pour donner du champ à l'économie hors hydrocarbures est un impératif incontournable.