AHMED FATTANI, DIRECTEUR DE PUBLICATION

Un gourou "sevré" de l'encre

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Il arrive qu'il trébuche et au moment où l'adversaire s'en va nonchalant, lui se relève et ramasse l'épée...

Le cliquetis du clavier est une mélodie fade, insipide et sans attrait. A l'ère de la digitalisation, Ahmed Fattani, le fondateur de deux quotidiens francophones, Liberté en juin 1992 et L'Expression en novembre 2000, est aujourd'hui un gourou sevré. «Je suis sevré de l'odeur de l'encre de mon Mont Blanc qui excite mes narines et agite mes neurones», confie-t-il un jour en réunion de la Rédaction. Et comme le pain tombe toujours du côté beurré, il se détache également de la cigarette, «un plaisir dont on ne se remet jamais», comme disait le général de Gaulle. Pour autant, il n'abdique pas et se met au clavier.
Combien de fois il a croisé le fer avec des adversaires politiques et médiatiques, combien de batailles féroces livrées dans l'arène médiatique? Il arrive qu'il trébuche et au moment où l'adversaire s'en va nonchalant, lui se relève et ramasse l'épée... En capitaine aguerri, il tient le gouvernail et négocie avec une rare dextérité les récifs pour retrouver des rivages plus sereins. Ahmed Fattani, 50 ans de vie médiatique, est le doyen des directeurs de publication en Algérie et il a su imprimer sa marque de fabrique aux deux éditions dont il a été le créateur. Patriote farouche, il n'hésite pas à s'emparer de... son clavier pour dénoncer l'arbitraire et éclairer l'opinion sur les enjeux de l'heure. Son sens des responsabilités, et surtout de la justice, se conjuguent avec une conception moderne du journalisme. Lorsqu'il est invité à s'exprimer à l'écran pour commenter les questions de l'heure, ses interventions font systématiquement mouche et ne passent jamais inaperçues, puisqu'elles ont le mérite de marquer les esprits. L'Expression fête aujourd'hui, ses 17 années d'existence et lui, dans quelques mois, ses 50 ans de carrière.. tout une vie de passion et d'amour pour le métier de journaliste.