LE JOURNAL FÊTE AUJOURD'HUI SON ANNIVERSAIRE

L'Expression a 17 ans!

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Dix-sept années de participation à la bataille d'idées dans notre pays, à transmettre à nos lecteurs notre manière de voir et de décrypter l'actualité.

A peine sorti sur les étals le 11 novembre 2000, alors que le paysage médiatique était déjà saturé, L'Expression a eu l'effet d'une touche jetée sur l'essence. Le journal a immédiatement pris par le truchement d'une équipe qu'a su rassembler et manager avec brio son fondateur, Ahmed Fattani. Par un style rédactionnel offensif, une titraille dynamique, une présentation ramassée et une vision décalée de l'actualité, L'Expression est venu donner un peu plus de punch à une scène médiatique en pleine effervescence au début de cette année 2000, beaucoup de promesses et de perspectives politiques dans un pays qui venait de sortir d'une guerre civile atroce. Malgré un parcours parsemé d'entraves et de difficultés, la jeune publication a fini par se faire une place parmi le peloton des cinq premiers titres francophones. Au bonheur de ses lecteurs et de ses employés, L'Expression fête aujourd'hui ses 17 années d'existence. 17 années de participation à la bataille d'idées dans notre pays, à transmettre à nos lecteurs notre manière de voir et de déchiffrer l'actualité. 17 ans de labeur avec une jeune équipe rédactionnelle passionnée entourée «d'anciens». Le tout mené par le «gourou» Ahmed Fattani qui a toujours mis un point d'honneur à faire du journalisme noble, fondamental... avec comme credo immuable: défendre les intérêts du pays quels qu'en soient le prix et les conséquences.
Ce n'est pas dans le style de L'Expression de célébrer cet anniversaire dans le faste. En cette période de cyclone économique qui vient dévaster les salles de rédaction et dégarnir les kiosques, nous faisons de cet anniversaire une halte, un moment de recul pour nous interroger, comme tous nos confrères, sur l'avenir de la presse écrite dans notre pays, un futur qui se dessine en pointillé. Y a-t-il encore des bastilles à conquérir pour la presse écrite dans notre pays en 2017? Comme tous les autres titres, notre journal subit de plein fouet, lui aussi, les conséquences de ces «intempéries». Pour son indépendance et pour sa survie, il appréhende, à sa manière, cette réalité amère. «L'artisanat» pour la fabrication de l'information qui consiste à se documenter, enquêter, réfléchir avant d'écrire, sourcer, recouper et contextualiser, bref privilégier le recul: ces actes autrefois habituels ne constituent plus l'ordinaire de la presse. Il font partie du lointain passé.
A l'ère du clic et de la célérité, il suffit de glisser sur la Toile quelques lignes d'insolite, les saupoudrer de vidéos amusantes et le tour est joué pour porter au firmament l'audience. Cela s'appelle aujourd'hui, faire le buzz. Parfois fascinés par ces nouvelles méthodes de faire du journalisme nous exprimons souvent du mépris pour un journalisme ouvertement bâclé. Un journalisme où le lecteur est une cible marketing plutôt qu'une personne à informer. Fini le temps des contenus rédactionnels mirobolants, fini le temps où les quotidiens constituaient des sacs à publicité venant des entreprises en pleine expansion. L'industrie de presse décline. Le journalisme souffre. L'impact est direct. Le journaliste ne se déploie plus avec audace et créativité. On ne peut pas sonner perpétuellement le tocsin pour rallier le monde à notre cause, en prononçant la rituelle formule: «Un journal qui disparaît, c'est un peu de démocratie qui meurt.» Un tour dans les kiosques suffira à démontrer le contraire. Les entreprises de presse ont une durée de vie: elles naissent, vivent et finissent par disparaître. Mais comme tous les travailleurs algériens dont les emplois sont menacés par la crise, les journalistes n'ont nul besoin pour défendre leur emploi de lui inventer d'autres vertus que celle de leur procurer un salaire. Un journal qui disparaît, ce sont des centaines de familles qui sont exposées à la précarité. Ce sont tous ces questionnements qui nous interpellent, en ce dix-septième anniversaire, en tant que professionnels des médias, à réfléchir à de nouveaux modèles économiques pour sauver nos entreprises.