LA CAMPAGNE ÉLECTORALE ENTRE DANS SA DERNIÈRE LIGNE DROITE

Les candidats ont-ils convaincu?

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La flamme sera-t-elle allumée? On le saura dès aujourd'hui. Les candidats qui se tiennent le ventre, l'espèrent.

Prime aux sortants ou aux nouvelles têtes? Les paris sont ouverts. Le verdict tombera le 23 novembre. La campagne électorale entre, quant à elle, dans sa dernière ligne droite. Elle n´aura pas marqué spécialement les esprits. On a pourtant pensé qu'elle allait sortir de l'ordinaire, des ronronnements, vu les moyens de communication dont elle dispose. Le jeu en valait la chandelle. Chaines de télévision privées, réseaux sociaux, 4 G... Le scrutin de l'année 2017 se distingue des précédents par ces «nouveautés» qui font leur incursion pour la première fois dans une élection locale. La «révolution» qui devait toucher la campagne des élections locales qui se tiendront dans 12 jours n'a finalement pas eu lieu.
Le champ de la communication exceptionnellement élargi a apparemment été sous-exploité. Le développement de l'audiovisuel qui s'est articulé autour de la 4G promettait une animation sans précédent sur les réseaux sociaux. Une opportunité remarquable qui n'a pas été saisie. Les débats qui promettaient d'être intenses et plus chauds que jamais ont pris un coup de froid. Les thèmes et les promesses des candidats avaient un arrière-goût de «recuit». De quoi lasser des citoyens en proie à leurs préoccupations quotidiennes et qui ont les pieds sur terre. Le mérite qui revient à cette campagne qui s'annonçait «New look» est qu'elle se déroule jusqu'à maintenant sans incident majeur. La classe politique algérienne semble avoir atteint un certain degré de mûrissement. Aucun dérapage verbal n´est à signaler. Hormis quelques banderilles que se sont échangées les chefs de partis en particulier. Classique! Il y a un leadership en jeu. Et les grosses cylindrées comptent bien se le disputer. L'ordre établi sera-t-il bouleversé? Des surprises ne sont pas à écarter, même si les deux premières forces politiques du pays sont parties pour assoir leur suprématie. Les sujets débattus leur vont comme un gant. Les meetings qui ont été animés à travers le territoire national se sont circonscrits au domaine réservé à la politique. Chômage, logement, pouvoir d´achat, culture, santé, transport, décentralisation... ont constitué les thèmes favoris des orateurs. Le statut de l´élu a été maintes fois mis en exergue. Les APC joueront-elles enfin leur véritable rôle? Celui de première institution de l´Etat? Le citoyen algérien accèdera-t-il enfin au statut privilégié, d´acteur de la gestion de la cité? Ce qui revient à remettre au goût du jour le concept de démocratie participative. Une proposition déjà émise lors des assises des cadres du Front de Libération nationale tenues en été 2007 à Alger. «Pour construire l´Etat, il faut commencer par la commune», avait déclaré le 24 novembre 2007, dans la foulée de cette rencontre, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, Ahmed Ouyahia, lors d´un meeting animé à Bouira. Un slogan qu'il a remis au goût du jour tout en laissant de côté sa casquette de Premier ministre. Tous les partis, sans exception, l´ont sur les lèvres. Les prérogatives des APC, la revalorisation du statut du premier magistrat de la ville, occupent une place essentielle dans les discours qu'ils ont adressés aux citoyens. Et des promesses, il en pleut toujours à torrents. Réalistes, exagérées, ou relevant de l´utopie, cela reste à l´appréciation de l´électeur. Elles sont en tous les cas tributaires de la situation financière difficile que traverse le pays. Les revenus en devises ont sensiblement baissé à cause de la dégringolade des prix du pétrole. Le gouvernement va recourir à la planche à billets pour éviter le déséquilibre du budget du pays dont la trésorerie a failli être à sec. Les APC, dont le financement est assuré en grande partie par la fiscalité, ne sont pas toutes logées à la même enseigne et doivent de surcroît ne pas trop compter sur la générosité de l'Etat. Un paramètre déterminant. Un détecteur de mensonges! Les candidats doivent l'intégrer dans leurs discours et ne pas promettre la lune. Les électeurs demeurent à l'écoute. Ceux qui ambitionnent de conduire les affaires de la cité les convaincront-ils? Les échos qui parviennent et ce que l'on a pu constater sur le terrain sont loin de l'affirmer.