NOUVELLES MESURES CONTENUES DANS LA LOI DE FINANCES

Comment vendre votre logement LSP

Par
image

Selon le projet de loi de finances 2018, la commission des finances et du budget de l'APN propose de réduire à trois ans le délai maximal d'incessibilité de ces logements aidés.

A la recherche de la moindre niche foncière, l'Etat se rabat sur le parc immobilier. La durée d'incessibilité des logements LSP, actuellement appelés LPA, sera réduite à partir de 2018. Selon le projet de loi de finances 2018, qui sera discuté cette semaine par les députés, la commission des finances et du budget de l'APN propose de réduire à trois ans le délai maximal d'incessibilité de ces logements aidés. La durée actuelle est de cinq années. Ainsi, les citoyens ayant remboursé l'aide de l'Etat au Trésor public pourront jouir de leur propriété et auront de ce fait la possibilité de les vendre. S'agissant des logements mis en exploitation avant le 1er janvier 2004, l'incessibilité est d'une année, à partir de la date de l'établissement de l'acte de cessibilité en faveur du bénéficiaire, selon le texte. Enfin, pour les logements mis en exploitation après le 31 décembre 2009, cette durée est de trois années.
Par ailleurs, le wali d'Alger a affirmé, jeudi dernier, que la capitale connaîtra une vaste opération de relogement, après les prochaines élections locales. «Cette opération concernera plusieurs quartiers et différentes formules de logement», a-t-il précisé en marge de la présentation d'une étude sur le climat d'affaires en Algérie, réalisée par le bureau d'affaires international «Oxford».
Cette déclaration qui vient donner un sens concret à la récente sortie du ministre de l'Habitat et avant ce dernier, le Premier ministre, apporte son lot d'assurance à l'adresse d'une population en attente de la fameuse clé.
Le wali d'Alger souligne dans son propos que l'opération de relogement en question s'inscrit dans le cadre du plan stratégique tracé à Alger, visant à améliorer le paysage urbanistique de la capitale. Cela passe, dans le dessein des autorités locales par l'éradication définitive des bidonvilles et des habitations précaires. Il faut dire que cette mission est quasiment réalisée, de sorte qu'Alger se distingue déjà comme la première capitale africaine et arabe en passe d'en finir définitivement avec ses bidonvilles. La grande opération annoncée par le wali, signera donc la fin d'un cauchemar urbain qui dure depuis l'indépendance du pays et même avant.
Dans l'amélioration du paysage urbanistique, le wali y met la restauration des bâtisses et des vieux quartiers. Un travail pas du tout évident et certainement pas encore sérieusement entamé, bien qu'il bénéficie d'une enveloppe budgétaire de plus de 4000 milliards de centimes. La maîtrise d'ouvrage pose déjà quelques soucis aux autorités qui ont affaire à plus de 400 entrepreneurs et de bureaux d'études algériens. Dans la foulée, il y a tout de même la bonne nouvelle de la création de plus de 12.000 postes de travail, mais la question de la compétence de cette main- d'oeuvre se pose, en raison de la spécificité des travaux à entreprendre. Comme quoi, il ne suffit pas de restaurer, encore faut-il le faire avec l'art et la manière.
Il faut dire que s'il y a bien quelque chose qui inquiète au plus haut point les Algériens en général et les Algérois en particulier, c'est le logement. Ni chômage ni augmentation des prix et encore moins la politique! L'habitat est le sujet le plus sensible dans le pays. Appréhension et inquiétude sont le quotidien d'une grande partie de la population qui a mis tous ses espoirs dans les différents programmes de logement. Le sujet est sur toutes les lèvres! «Vont-ils honorer leurs engagements?», «nos logements seront-ils livrés?», «les programmes annoncés par le ministre seront-ils réellement réalisés?», s'interrogent, très inquiets, les citoyens.
Le wali d'Alger ne répond pas à toutes ces questions, mais apporte tout de même la garantie d'un suivi «sérieux» d'un des programmes présidentiels les plus stratégiques, pour ce qu'il a comme impact sur le moral des Algériens. Il est, en effet, beaucoup de familles qui après avoir caressé le rêve d'avoir un toit à soi, ne peuvent lutter contre l'appréhension de tout perdre, malgré les assurances répétées des autorités et les millions de logements déjà distribués.