ORAN

Les locales tournent à la présidentielle

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Plusieurs formations appellent et interpellent les votants les invitant à ne pas céder aux pressions ni aux voix nihilistes et à aller voter le 23 novembre.

C'est l'une des campagnes les plus ternes qu'a connues l'Algérie depuis l'ouverture du champ politique et aux élections pluralistes. Si les cadres, locaux et hiérarchiques des partis, redoublent d'efforts et de sorties pour convaincre les citoyens lambda ne semblent pas accorder grand intérêt à ces joutes ne constituant pas pour eux un grand enjeu. Un fait saillant saute toutefois aux yeux, le cap est mis sur l'élection présidentielle de 2019. Djamel Ould Abbès a ouvert récemment la brèche en abordant une telle question. Et depuis, le sujet est dominant aussi bien au niveau local qu'au niveau des directions centrales de la majeure partie des formations politiques, inscrites pourtant pour les locales. C'est ainsi que les élections locales tournent à la présidentielle. Si plusieurs chefs de partis estiment que de l'aveu fait par Ould Abbès il est encore prématuré d'anticiper la chose en évoquant la présidentielle de 2019, d'autres font d'ores et déjà d'une telle bataille leur fer de lance en révisant leurs copies tout en incluant la présidentielle dans leurs sorties. La question se pose d'elle-même. Veut-on transformer les locales en tremplin pour jauger les capacités de ces partis quant à mobiliser leurs bases militantes? A Oran, plusieurs formations, notamment celles ayant affiché leur allégeance à la candidature de Bouteflika, ont abordé, à plusieurs reprises, une telle question lors de leurs différentes sorties. D'ailleurs, plus d'une formation ne jure que par le programme présidentiel pour lequel, elles ont pris part dans sa concrétisation et dans lequel elles prendront part activement dans le proche avenir. C'est le cas du RND et du FLN qui, à l'occasion de leurs sorties, ne cessent de plaider pour le programme du président de la République, tout en le saluant pour son investiture à la tète de la présidence depuis 1999. A Oran, tout comme un peu partout dans le reste du pays, la carte du président est un atout rapporteur. D'aucuns des intervenants dans des rassemblements populaires n'omettent au passage d'évoquer l'apport, le soutien et l'accompagnement de son parti quant à la concrétisation du programme présidentiel. D'autres, par contre, voient mal l'utilisation de la personne du président de la République dans une telle course où tous les partis se valent. Là est l'essentiel du mot d'ordre de deux semaines d'une campagne froide programmée dans la saison froide, le début de l'hiver. «Tous pour un vote massif pour barrer la route aux faussaires.» Une telle consigne revient également sur les lèvres de tous les représentants locaux en se lançant dans une campagne de persuasion plutôt saumâtre et sans aucun goût. Leur mot d'ordre relevé, semble le même un peu partout dans les meetings: sensibiliser les plus jeunes parmi les citoyens, quant à l'importance de s'exprimer à travers les urnes. Les différents représentants de partis politiques et candidats indépendants, ont opté pour des meetings, d'autres ont préféré les rencontres de proximité ou encore des bains de foule. Plusieurs formations appellent et interpellent les votants, les invitant à ne pas céder aux pressions ni aux voix nihilistes et à aller voter le 23 novembre. Pour le parti de Louisa Hanoune «une mobilisation générale face à la crise économique, qui n'est pas inéluctable», s'impose et impose la participation massive des votants aux élections du 23 novembre. Ayant opté pour la «Résistance», les représentants locaux du Parti des travailleurs haussent le ton dans leurs discours en s'engageant à assainir les municipalités et à dénoncer tous les maux régnant dans les assemblées locales. Le Front de Libération nationale, en dépit du mal profond marquant ses bases locales, fait sienne une valeur acquise historiquement, c'est-à-dire durant la guerre de Libération nationale. L'ex-parti unique assemble et rassemble la famille révolutionnaire dans cette course électorale, tout en s'engageant à innover dans la gestion des affaires de la cité. Le vieux parti est, certes, marqué par une certaine zizanie ambiante, mais il compte amplement sur son habituel réservoir electoral qui lui est acquis depuis belle lurette. Pour preuve, les 15 sièges qu'il s'est taillé lors des dernières législatives sont le fruit de la mobilisation de militants et sympathisants acquis à sa cause. Djamel Ould Abbès plus conscient d'une telle désunion qui marque les bases locales de son parti a, d'ailleurs, procédé à la réouverture de la mouhafadha locale de Relizane, tout en appelant à «unifier les rangs». Pour les cadres locaux du parti de Amar Ghoul, ces derniers ont, dans leurs différentes sorties de proximité insisté sur la nécessité de «mieux prendre en charge les doléances des citoyens». Les responsables du MSP continuent à défendre l'impératif de «l'égalité dans le développement des régions du pays». Tous les intervenants dans cette campagne convergent vers un seul consensus en faisant la promotion de la décentralisation et de la démocratie au sein de leurs formations politiques. Profitant de leurs sorties, les candidats et leurs accompagnateurs plaident pour la prise en charge les préoccupations de la population. Comme ils s'engagent à veiller au respect des engagements de leurs élus si les électeurs leur accordaient leur confiance lors du scrutin du 23 novembre. Les partis politiques espèrent, ainsi, convaincre les électeurs de la pertinence et de l'intérêt de leurs propositions contenues dans leurs programmes de campagne. Pour convaincre, plusieurs partis comptent sur une forte implication des premiers responsables des formations politiques, le but visé étant de mobiliser la population et d'appuyer leurs listes de candidats aux élections locales du 23 novembre prochain. Deux grosses pointures sont attendues aujourd'hui. Il s'agit de Abdelmadjid Menasra du MSP qui animera un rassemblement dans la salle de cinéma Saâda, ex-Colysée. Simultanément, Ahmed Ouyahia prononcera aujourd'hui son discours dans l'auditorium du Centre des conventions d'Oran.