LES PRÉPARATIFS DU RAMADHAN VONT BON TRAIN

L'Internet complice des ménagères

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Les chuchotements de recettes, les bonnes adresses d'approvisionnement, les petits «secrets» féminins de cuisine...courent déjà les rues en cette approche du mois de Ramadhan qui s'annonce toujours «meilleure» ou «pis» selon...
Tout le monde en parle et tout un chacun apporte son grain de sel (c'est le cas de le dire) à tous ces échanges de formules «cachées» pour réussir une bonne «chorba», un meilleur dessert, voire un joli et succulent gâteau. Elles en bavent rien qu'en en parlant, ces bonnes ménagères-commères. Pour certaines d'entre elles, c'est le «spleen» que de réussir un délicieux plat qui, pour son mari, qui pour son père ou ces mioches qui vont s'agglutiner l'heure venue autour d'une «meïda» divine de par les mets et douceurs qu'elle offre sous une décoration tout aussi sublime. Les cancans vont bon train. Le téléphone cellulaire est décidément le complice favori de ces dames qui n'arrêtent pas de parler, toutes en même temps du reste, autour d'un sujet commun qui est la «meïda du F'tour»! Au marché, dans le bus, le métro ou partout ailleurs la «mamma» algérienne prépare déjà son «Ramadhan» à elle.
Alors que certaines dames écoutent attentivement, ou font semblant de ne rien entendre par «pudeur déguisée», d'autres s'adonnent «sans gêne aucune» à des diatribes sur certains plats cuisinés par «la voisine d'en face» avec souvent un clin d'oeil à qui veut bien l'entendre. Contrairement à la gente masculine, rares sont le femmes qui évoquent les mercuriales qui lessivent à mort les petites bourses. A la cuisine pourtant, elles savent où mettre les pieds pour ne pas trop nuire au budget du ménage. En effet, elles sont toutes conscientes qu'une cuillerée, en plus ou en moins, peut changer «bêtement» ou par «bonheur» un plat, une friandise et par là même le cours d'une soirée tant attendue. Les mots que l'on entend se répètent tout le long des jours de préparation auxquels s'adonnent nos mères et soeurs dans la rue et ailleurs. «Je n'ai même pas acheté les épices pour le Ramadhan» s'écrie l'une d'elles alors que l'autre lui rétorque «moi non plus, mais ma fille s'en charge, elle me l'a promis». Mais qu'en est-il aussi du «grand nettoyage» exécuté jadis par nos aïeules à la Casbah et autres quartiers populeux et populaires. Tous les murs des bâtisses et «douerates» étaient ravalés à grande eau et passés à la chaux blanche vive ou légèrement teintée en bleu pour faire un clin d'oeil au ciel azuré et à la mer. L'émanation des senteurs de cette chaux fraîchement étayée, nous enivrait quelque part? Où sont donc passées ces grandes campagnes de lavage des ruelles à la veille du mois sacré du Ramadhan auxquelles tout le monde prenaient part surtout les jeunes qui voulaient que leur quartier soit toujours le plus propre, le plus accueillant...Autres temps, autres moeurs sommes-nous tentés de dire en ces temps où le «goût de vivre» s'est lourdement estompé au grand regret de nos aînés....encore vivants et qui se souviennent encore.