BOUIRA

On se prépare pour le Ramadhan

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A quelques jours du mois sacré du Ramadhan, Bouira met les petits plats dans les grands.

Comme chaque année en pareille période, les communes en étroite collaboration avec la DAS, la DAL et les bienfaiteurs ont lancé les opérations de distribution du couffin de Ramadhan.
La dotation en denrées alimentaires de première nécessité, même si elle ne fait pas l'unanimité reste un geste en direction des plus démunis. Concernant toujours les aides, chaque commune a prévu des restaurants «errahma» où seront préparés et distribués des repas gratuits aux SDF, et passagers hôtes de la ville. Le Ramadhan est surtout un regain d'animation au centre-ville et plus particulièrement dans la rue Chaid plus connue sous le nom de rue de France, un point de chute pour les Bouiris. Dès la mi-journée cet espace nostalgique connaît une forte affluence où des jeunes viennent proposer leurs produits dans une ambiance des marchés d'antan. A ce jeu, le jeune Moha, un vendeur de fruits, domine par ses cris et appels. Plus bas vers le sud, les agriculteurs de la région exposent des légumes frais et à des prix moindres que ceux affichés par les commerçants permanents. La présence policière reste dissuasive et ces jeunes restent sur le qui-vive. Les responsables, eu égard aux spécificités du mois et par respect aux nombreux citoyens qui s'y rendent, laissent faire. Parce que le Ramadhan est d'abord un mois de piété, les mosquées ont fait peau neuve en prévision des «taraouih» où le nombre des pratiquants augmente. Ce fait fera dire à quelqu'un que les pratiquants sont divisés en deux catégories distinctes, les permanents et les vacataires. La direction des affaires religieuses qui a un oeil sur les lieux de culte, vient de désigner les lecteurs qui assureront ces prières tout au long du mois. Précisons que la majorité des lecteurs sont des bénévoles et sélectionnés parmi les meilleurs récitants du Coran.

Le couffin du Ramadhan: l'opération phare
La wilaya de Bouira à l'instar de ses semblables s'apprête à accueillir le mois de Ramadhan. Les préparatifs concernent l'administration, mais aussi le mouvement associatif. Le traditionnel couffin du Ramadhan reste l'opération la plus en vogue depuis le début du mois à travers les 45 communes. Pour peaufiner l'opération et éviter les erreurs du passé, une réunion présidée par le secrétaire général de la wilaya a été tenue dimanche au siège de la wilaya en présence de la totalité des élus, des acteurs de la société civile. L'ordre du jour s'est voulu une dernière mise au point et la mise en place des mécanismes de distribution, qui doit préserver l'honneur des bénéficiaires. Au niveau de la commune de Bouira et sur instruction du président de l'Assemblée populaire communale Larbi Mohamed, les nécessiteux sont invités à récupérer leurs aides dans la discrétion la plus totale. La commune de Bouira a réservé une enveloppe financière de près de 21 millions de dinars pour financer l'achat de 5000 couffins alimentaires. L'opération qui a débuté le 22 avril dernier se déroule dans d'excellentes conditions selon l'adjoint au maire chargé des affaires sociales à l'APC de Bouira, Mohammed Bouremal. Il y a lieu de préciser que le coût est consenti sur le budget communal exclusivement. Les services sociaux de la commune ont enregistré plus de 8000 demandes. «Pour bénéficier du couffin, nous avons fixé des critères dont un seuil salarial compris entre 20.000 et 22.000 dinars mensuellement. Toutefois, nous avons tenu compte de certaines exceptions comme la composante humaine des familles nombreuses, la catégorie des handicapés et les foyers ayant plusieurs handicapés à leur charge», a confié l'adjoint au maire. Cette aide directe se résume en 10 produits alimentaires de qualité. Elle est composée d'un sac de 25 kg de semoule, 5 kg de sucre, un bidon de 5 litres d'huile, 5 kg de farine, 1 kg de vermicelle, une boîte de tomate en conserve, deux paquets de lait en poudre, 2 kg de riz, 1 kg de pois chiches et 1 kg de café.
Le président de l'APC de Bouira, Mohamed Larbi avec ses adjoints et des services de contrôle ont vérifié les dates de péremption des produits surtout que par le passé, l'opération du couffin avait été entachée par le recours à des produits de mauvaise qualité. La situation est identique à travers toutes les communes de la wilaya où chaque APC s'est mobilisée pour la réussite de cet acte d'entraide.
Le relais est aussi pris par plusieurs associations qui se sont mobilisées pour venir en aide aux plus démunis, surtout que le mois de Ramadhan reste d'abord le mois de l'entraide et de la fraternité. De Takerboust jusqu'à Mesdour en passant par M. Chedallah, Ahl El Ksar, Bouderbala... «Kafil El yatim», «Thadoukli» ont réquisitionné leurs adhérents pour faire des collectes au profit des nécessiteux.
Concernant les restaurants d' «El Iftar», appellation retenue en lieu et place de restaurant «errahma», la wilaya envisage d'ouvrir pour la circonstance 18 lieux où seront distribués des repas chauds. Les organisateurs ont aussi convenu d'offrir en moyenne 2500 repas à emporter quand le même chiffre sera distribué sur place. Précisons que les donateurs privés désireux d'ouvrir des points d'alimentation sont soumis à une réglementation rigoureuse qui commence par la mise en conformité du lieu, le respect strict des mesures d'hygiène. Une commission de vérification des dates de consommation est mise en place par la DAS pour éviter les erreurs du passé. «la responsabilité des fournisseurs est engagée surtout que par le passé, des bénéficiaires avaient parlé de produits périmés et impropres à la consommation. Les services de la sureté de wilaya prévoient aussi d'offrir des repas à l'heure du F'tour au niveau de la gare routière du chef-lieu de la wilaya. Cette action a déjà été lancée l'année dernière et a connu une grande réussite. La direction de l'action sociale prévoit aussi une opération de circoncision pour plus de 1000 enfants en plus d'une opération d'offre d'habits aux enfants à l'occasion de l'Aïd el Fitr. Une enveloppe de 5 millions de DA est prévue en direction des familles pauvres sous la forme d'une prime.

Un riche programme culturel
Les pouvoirs publics ont aussi retenu plusieurs programmes d'activité à l'occasion de ce mois sacré. Des soirées artistiques, sportives et religieuses sont programmées en étroite collaboration avec la direction de l'action sociale, la direction de la culture, celle des affaires religieuses et de la jeunesse et des sports. Du côté des commerçants aussi, les préparatifs battent le plein. Plusieurs commerces ont déjà changé leurs activités. Les restaurateurs se sont reconvertis en vendeurs de sucreries tunisiennes, mais aussi la zlabia locale portant la dénomination de «zlabiat Boufarik». Le mois qui a perdu toutes ses valeurs est désormais celui de la consommation.
Les marchands en fruits et légumes ont déjà revu à la hausse les prix. Les légumes les plus demandés comme la courge, les carottes, les haricots verts ont vite vu leur coût se multiplier.
Le mois de Ramadhan c'est aussi la prolifération des commerces informels. Les campagnes menées par les pouvoirs publics pour éradiquer la vente sur les espaces publics vont connaître un frein et les espaces autour des mosquées se transformeront en marchés dès le premier jour. Malheureusement, certains mettront en péril la vie des citoyens, notamment ceux qui vendent le pain et les produits périssables sans aucune mesure préventive.