BÉJAÏA

Ce n'est pas encore l'engouement

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La prudence adoptée par les consommateurs de Béjaïa pour s'approvisionner en prévision du mois sacré a plombé les prix sur les marchés et les spéculateurs n'ont aucune chance d'en profiter.

A quelques jours du début du mois sacré, l'engouement habituel qu'on connaissait des Béjaouis à la veille de cet événement n'est pas de mise. Les ménages semblent adopter un comportement, qui aurait pu être le leur depuis des années, celui de maintenir le rythme normal dans la consommation.
Lorsque la demande n'est pas forte les prix stagnent et parfois baissent. Le Ramadhan de cette année se singularise par une clémence jamais vue sur les marchés et c'est loin d'une quelconque piété des marchands. La crise économique a poussé les consommateurs à adopter toute une stratégie de consommation pour faire face à toutes les éventualités. «Il n'est pas facile de nos jours de s'approvisionner en force comme on avait l'habitude de le faire avant», soutient Ali qui, comme beaucoup d'autres consommateurs, a opté pour la modération. Conséquence: la forte demande en matière de fruits et légumes frais ou secs ainsi que les viandes n'est pas au rendez-vous et par ricochet les prix des produits agricoles sont restés stables jusqu'à hier.
«Les prix ne risquent pas d'augmenter à l'occasion du mois de jeûne», affirment les commerçants interrogés hier à ce sujet. La banane, l'ail, les petit pois, la tomate, le poivron, l'oignon, la courgette, tous ont gardé les mêmes prix. La banane, qui s'affichait à 500 DA le kilogramme, est à 300 DA le kilo. Les fraises s'affichent jusqu'à 100 DA la barquette.
L'orange est proposée de 100 à 200 DA, selon la qualité et le goût. La pastèque, qui fait son entrée sur les marchés, est affichée à 50 DA le kilogramme. Idem pour le melon qui est affiché au prix de 80 DA. La pomme de terre est aux alentours de 35 à 50DA le kilo, l'oignon à 35 DA, la carotte à 50 à 70 DA, la courgette à 60 DA, le piment à 30 à 50 DA, le concombre à 70 DA, les artichauts à 50 DA le kilo...
Il n'y a que la tomate et les haricots verts qui gardent leur valeur. La tomate est affichée à 100 DA alors que le haricot vert l'est à 250 DA. Les petits pois sont disponibles en grande quantité et à des prix abordables: entre 40 et 50 DA le kilo. Des prix incontestablement abordables, estime-t-on, non sans satisfaction car par la passé, la période qui précède le mois sacré était faite de flambée des prix que nous avons toujours eu du mal à expliquer, y comprise les professionnels. Mais la loi de l'offre et de la demande s'est toujours vérifiée dans un sens comme dans l'autre. Mais globalement, la récession touche même le consommateur, commente ce père de famille. «La période que nous traversons actuellement incite à la prudence et nous impose un mode de consommation plus équilibré et raisonnable», explique -t-on. Pourvu que cela dure.