16 MAI, JOURNÉE INTERNATIONALE DU VIVRE ENSEMBLE EN PAIX

L'investissement diplomatique de l'Algérie

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L'Algérie met le premier jalon d'un long processus du vivre ensemble pour la paix, qui aboutira un jour ou l'autre.

Le 16 mai prochain, l'ensemble des pays membres de l'ONU célébrera la «Journée internationale du vivre ensemble en paix». L'intitulé est explicite et invite tous les dirigeants de la planète à méditer sur la possibilité, tout à fait réalisable, d'un monde où la paix serait effectivement le seul moteur de l'humanité. Pour ce faire, il s'agit de s'accepter les uns les autres. Le «vivre ensemble» a beau être une expression très usitée par les humains, elle reste aujourd'hui un objectif qu'il faut absolument atteindre. Ce voeu est celui de l'Algérie qui est à l'origine de cette célébration.
La représentation algérienne à l'Onu a bâti son argumentaire pour défendre le principe de la «Journée internationale du vivre ensemble en paix» sur la Charte de l'Onu et les multiples résolutions de l'institution onusienne. De la 52/12 de novembre 1997, à la 71/252 de décembre 2016, en passant par la 53/25 de novembre 1998, l'Algérie a relevé que la communauté internationale défendait le principe de la primauté de la paix sur la guerre. Pour que toutes ces décisions onusiennes n'aillent pas grossir inutilement les archives de l'Onu, l'idée de les «regrouper» toutes en une seule grande initiative de l'humanité a amené le président de la République à missionner la représentation algérienne à proposer à la 72e session de l'Onu, l'institution de cette Journée pour donner à la culture de la paix, toutes les chances de demeurer l'objectif ultime de l'humanité.Dans son projet de résolution, l'Algérie définit le concept du vivre ensemble en paix. «C'est accepter les différences, être à l'écoute, faire preuve d'estime, de respect et de reconnaissance envers autrui et vivre dans un esprit de paix et d'harmonie, Consciente qu'il importe de respecter et de comprendre la diversité des religions et des cultures dans le monde, de préférer le dialogue et la négociation à l'affrontement et de s'entraider», lit-on dans le projet de résolution.
Tous ces thèmes et bien d'autres développés dans le texte présenté par l'Algérie à la 72e session de l'Onu, feront certainement l'objet d'un intérêt soutenu le 16 mai de chaque année. Cette manière de faire permet de remettre les questions de paix sur le tapis annuellement, au même titre que la Journée mondiale du travail, de la liberté de la presse ou de la femme. L'apport de l'Algérie a consisté donc à placer les membres de l'Onu devant leur responsabilité de donner toutes ses chances à la paix, même si le monde dans lequel nous vivons est plus porté sur la guerre. Mais cela ne devra pas empêcher les faiseurs de paix de dire leur mot et la journée du 16 mai sera celle des partisans de la paix dans le monde.
C'est dans cet ordre d'idées que les rédacteurs du projet de résolution algérien soulignent que «la Journée internationale du vivre ensemble en paix sera un moyen de mobiliser régulièrement les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix, de la tolérance, de l'inclusion, de la compréhension et de la solidarité». De fait, l'Algérie «invite tous les États membres, les organismes des Nations unies et les autres organisations internationales et régionales, ainsi que la société civile, y compris les organisations non gouvernementales et les particuliers, à célébrer la Journée internationale du vivre ensemble en paix, dans le respect de la culture et d'autres particularités ou coutumes locales, nationales et régionales, y compris en prenant des initiatives éducatives et en menant des activités de sensibilisation». Un vaste programme qui implique l'Unesco et les autres instances de l'Onu.
Le projet de résolution retenue par l'AG de l'Onu est important, en ce sens qu'il constitue un document de base qui servira tôt ou tard à l'humanité, à l'image de la Proclamation des droits de l'homme, écrite en 1789 et endossée par l'Onu en 1948. Cela pour dire qu'un travail en faveur de l'humain n'est jamais une perte de temps. En proposant cette journée, l'Algérie met le premier jalon d'un long processus du vivre ensemble pour la paix, qui aboutira un jour ou l'autre.