EFFACEMENT DES CRÉANCES ANSEJ

"C'est exclu!"

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Les créanciers de l'Agence nationale de l'Emploi des jeunes doivent déposer leur demande de rééchelonnement avant le 30 juin prochain.

Les bénéficiaires des crédits Ansej (Agence nationale de soutien à l'emploi des jeunes) qui, en proie à des difficultés financières, n'ont pu rembourser leurs dettes ont jusqu'au 30 juin prochain, pour déposer leur demande de rééchelonnement. «Au-delà de cette date, toute demande sera irrecevable», a averti la DG de l'Ansej, Samira Djaïder. Elle a aussi indiqué à ce sujet lors de son passage, hier, au Forum d'El Moudjahid en compagnie du DG de la Cnac (Caisse nationale d'assurance chômage), Mohamed Hamoudi, que «depuis la dernière échéance du 31 décembre 2017, reportée au 30 juin courant, ses services ont enregistré 1 100 demandes du genre, mais après vérification sur place, 858 dossiers se sont avérés éligibles à un réechelonment alors que le reste va faire l'objet de refus», a-t-elle précisé. Concernant les demandes déposées auprès de la Cnac, son DG a avancé le chiffre de 452 sans apporter d'autres précisions sur le sujet. Concernant les PNR (prêts non rémunérés), Samira Djaïder a indiqué, sans donner de chiffres précis, qu'ils se situent à un niveau faible, c'est aussi le cas chez la Cnac. Interrogé sur le taux de recouvrement atteint durant l'exercice 2017, la DG de l'Ansej a annoncé: «Nous avons les 84%.» De son côté Mohamed Hamoudi a rapporté un taux de 62%. Toujours à propos du recouvrement des créances, la première responsable de l'agence a tenu à faire savoir au parterre de journalistes, que ce dernier est exigé après trois années d'activité de la TPE, non sans préciser que la totalité de l'argent issu du recouvrement, est consacré uniquement à financer de nouveaux projets d'investissement de jeunes diplômés des centres de formation professionnelle ou des universités. «Vous pourriez me demander 'comment donc fonctionne l'Agence?.'' Pour l'instant, grâce au Trésor dans l'attente que le taux de recouvrement atteigne un pourcentage qui puisse nous assurer une autonomie financière, c'est-à-dire sans recourir au Trésor public», a-t-elle expliqué.
Interrogée sur la possibilité d'effacer la dette des créanciers, la responsable de l'Ansej a répondu tout de go: «C'est exclu notamment pour tous les crédits accordés après 2011.» Par contre et concernant les pénalités de retard: la DG a rassuré «c'est possible mais au cas par cas».
Autre question posée à Samira Djaïder: «Est-il vrai que des poursuites judiciaires seraient intentées à l'encontre de bénéficiaires de crédits Ansej n'ayant pas pu concrétiser leurs projets?» Celle-ci a répondu: «Nous l'avons fait quand cela est devenu une démarche, incontournable, surtout quand il s'agit de ceux qui ont vendu leurs matériels.» Et d'ajouter: «Nous cherchons à éviter cette démarche par contre les services de l'Ansej tentent d'accompagner les mis en cause pour qu'ils puissent relancer leurs entreprises et par la même réechelonner leurs dettes.» Faut-il rappeler au passage, selon les chiffres jumelés de l'Ansej et de la Cnac que le nombre de ceux qui ont vendu leurs matériels et orienté le soutien de l'Etat à d'autres fins ne dépasse pas 2 000 jeunes sur une période de 20 années et que leurs dossiers ont été transférés à la justice. De son côté le DG de la Cnac a annoncé que ne seront dorénavant accompagnés financièrement que les projets porteurs «c'est-à-dire les projets créateurs de postes d'emplois et surtout ceux implantés dans les zones frontalières, car c'est la où il existe un fort taux de chômage». Et d'ajouter dans ce sens: «Nous allons surtout faire en sorte d'aider les jeunes diplômés qui disposent de réelles facultés pour devenir de véritable chefs d'entreprise. Toujours dans ce même registre, la responsable de l'Ansej a affirmé: «Pratiquement toutes les communes du pays disposent d'une antenne Ansej.» Est- ce à dire donc, que l'Ansej et la Cnac ont opté pour une nouvelle démarche, celle de se rapprocher des porteurs de projets et non d'attendre qu'ils viennent à elles?