11ÈME SESSION DU CONSEIL D'ASSOCIATION ENTRE LES DEUX PARTENAIRES

Algérie-UE: la fin des "hostilités"?

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Après plusieurs semaines de frictions et de tiraillements entre l'Algérie et l'Union européenne, la tension est retombée.

Le ton est à l'apaisement entre les deux partenaires. Des résultats probants ont été obtenus lors des travaux de la 11ème session du Conseil d'association Algérie-Union européenne (UE). Les deux partenaires ont signé, hier, à Bruxelles, un cadre unique d'appui 2012-2020, définissant les priorités de la coopération technique et financière bilatérale, en présence du ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel et de la Haute Représentante-vice-présidente de l'UE, Federica Mogherini. Ainsi, l'Algérie et l'UE ont finalisé l'élaboration du Cadre unique d'appui (CUA) 2018-2020 qui sera adopté lors de ce Conseil d'association. Ce cadre sera doté d'une enveloppe comprise entre 108 et 132 millions d'euros et pourra être adapté en fonction des développements, selon l'UE. De même que dans le cadre de l'évaluation de l'Accord d'association et d'un dialogue renforcé, ils ont convenu de mettre l'accent sur l'amélioration en quantité et qualité de la production agricole algérienne et la promotion des exportations, tout en assurant un cadre général d'exploitation durable.
Le sujet de discours, à savoir le dossier commercial, a été abordé sans complexe par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. «Le dialogue et la concertation restent le meilleur moyen de rapprocher nos positions et points de vue pour les centrer sur les fondamentaux de notre relation globale», a plaidé Abdelkader Messahel, soulignant les défis communs «de sécurité et de développement qui se posent à nous». Aussi, pour le chef de la diplomatie algérienne, cette approche est «valable» pour les questions commerciales ainsi que pour «les préoccupations soulevées» par l'UE, concernant ses parts de marché en Algérie, suite aux «mesures de rationalisation des importations», prises par le gouvernement algérien dans «un contexte bien particulier». Le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel a assuré que la rencontre a été l'occasion d'expliquer au partenaire européen le contexte ayant contraint le gouvernement algérien à prendre une série de «mesures provisoires» pour réduire ses importations.
Abdelkader Messahel s'est dit, à ce titre, «profondément convaincu» que les discussions engagées par les deux parties sur ce dossier permettront d'arriver à «des solutions pragmatiques et acceptables qui prennent en ligne de compte les intérêts légitimes de chaque partie». Le chef de la diplomatie algérienne a estimé, à ce propos, que l'Algérie et l'UE doivent poursuivre leur coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le phénomène de la radicalisation.
Le ministre a annoncé, à ce titre, la tenue à Alger en octobre prochain de la deuxième session du Dialogue informel de haut niveau en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme entre l'UE et l'Algérie. Cette deuxième session sera précédée, en juillet, par une réunion au niveau des experts algériens et européens. Réitérant l'attachement de l'Algérie à la coopération énergétique avec l'UE, le ministre a annoncé également la tenue, en novembre prochain, à Alger de la troisième session du comité sur l'énergie en vue de dynamiser le Dialogue de haut niveau en la matière. «La volonté existe de part et d'autre. Cette dynamique qui n'a jamais cessé va s'accélérer et nous allons faire en sorte que ce partenariat stratégique, que nous voulons tous, soit bien compris de part et d'autre et bénéfique pour les deux parties», a-t-il conclu.
Se disant satisfaite, des «avancées» enregistrées dans «presque tous les domaines» du partenariat Algérie-UE, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a affirmé que l'UE reste «engagée» à accompagner les réformes politiques et économiques entreprises par les autorités algériennes. «Nous avons discuté aujourd'hui de la façon la plus efficace possible dont nous pouvons y parvenir, pour les deux parties», a-t-elle indiqué. Elle a souhaité en revanche «que les mesures de régulation des échanges commerciaux soient prises dans le respect de l'Accord d'association», a indiqué la Haute Représentante de l'UE. L'accord intègre, rappelle la déclaration conjointe à l'occasion de ce 11e Conseil, des mécanismes permettant de tenir compte des difficultés économiques rencontrées par l'une ou l'autre partie. «De manière concrète, nous envisageons des actions en appui à l'amélioration du climat des affaires et du cadre dans lequel opèrent les petites et moyennes entreprises», a déclaré Mme Mogherini.