ILS ONT SURMONTÉ LEURS CRISES INTERNES ET RÉUSSI LEURS CONGRÈS

FFS-MSP: les deux béquilles de l'opposition

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Des enjeux fondamentaux caractérisaient les deux rendez-vous.

Le FFS, puis le MSP sont deux partis d'opposition qui ont bien négocié le virage de leurs congrès extraordinaires, à une année de la présidentielle de 2019. Ces deux formations étaient au bord de l'implosion quelque temps auparavant. Les assises respectives sont caractérisées par de véritables enjeux. Le vieux parti d'opposition a mis fin à une crise profonde qui secouait le parti, découlant d'une gestion autoritaire et chaotique du parti par un «cabinet noir», incarné par les cousins Baloul, connus pour être proches du fondateur et leader du parti, le défunt Hocine Ait Ahmed. La nouvelle instance présidentielle (IP), issue du congrès extraordinaire, dont la tenue a été imposée par la démission surprise de Ali Laskri du présidium, a vite fait de tourner la page, en faisant «le grand ménage» au niveau de ses instances dirigeantes. En attendant d'opérer de véritables changements lors du prochain congrès ordinaire, l'instance présidentielle a fait table rase des membres de l'ancien secrétariat national. Dans ce contexte, les portes du parti sont rouvertes aux anciens cadres radiés du FFS depuis fort longtemps et à ceux marginalisés par le clan qui a géré le parti d'une main de fer et qui serait derrière plusieurs opérations de purge, ayant vidé le parti de sa substance. Des ex-députés, à l'image de Dalila Taleb, membre fondatrice du Rassemblement action jeunesse (RAJ), Ahmed Djedaï, ex-premier secrétaire national du parti, Abdelmalek Bouchafa, Malek Sadali, Madani Yahia, Chachoua Hamid et Mougari Essaïd sont de retour. La composante du cabinet conseil créé pour prêter main forte à Hadj Djilani, reconduit comme premier secrétaire national du parti, contient aussi du sang neuf. La nouvelle feuille de route consiste, notamment, en la préparation du 6e congrès ordinaire du parti, prévu pour le premier trimestre 2019. Cet important rendez-vous sera une opportunité pour renforcer le parti et lui faire retrouver sa ligne et position politiques d'antan, ainsi que sa véritable place sur l'échiquier politique. Pour la nouvelle équipe, l'image d'un FFS réduit au silence et se complaisant dans sa léthargie doit être bannie à jamais. La conférence nationale des élus, la conférence d'audit démocratique, sont d'autres points inscrits au plan d'action du premier secrétaire. La nouvelle direction affiche d'ores et déjà son ambition d'organiser un congrès «rassembleur». Ali Laskri s'est engagé, récemment «à restituer le parti à ses militants». Le nouveau secrétariat du FFS est composé de compétences jeunes. D'autre part, les assises du MSP, ont confirmé l'anéantissement du courant des «participationnistes», comportant d'anciens ministres, qui avaient représenté le parti au gouvernement depuis 1995. Ce courant n'a pas pu renverser la vapeur étant donné sa minorité. selon certains observateurs, bien que le contexte politique soit le même dans ces pays, les dirigeants du mouvement du défunt cheikh Nahnah n'ont pas pu produire un discours mobilisateur à l'image des partis de la même mouvance en Tunisie et en Maroc, en raison de leurs faibles capacités intellectuelles. A ce propos, Makri qui a promis à sa génération qui a pris les rênes du parti, de triompher aux législatives de 2022, est convaincu que «ce qui se passe actuellement en Tunisie, où le parti islamiste Ennahda de Ghannouchi est arrivé en tête pour les premières élections municipales tunisiennes? après la révolution, peut se produire en Algérie, pour peu, dit-il «que les élections ne soient pas truquées». Makri qui s'est succédé à lui-même, prône le consensus national autour d'une transition politique et économique en prévision de la présidentielle de 2019». Lors de ses récentes sorties, il avait souligné que «le candidat du MSP en 2019 ne jouera pas le rôle d'un candidat-lièvre.» Il refuse aussi «de faire de la figuration dans le gouvernement et de servir de faire-valoir...». Pour rappel, il a accédé, en 2013, à la présidence du MSP, soit dans une période marquée par le vrombissement des révoltes populaires dans les pays arabes. Ayant acquis une certaine expérience dans l'opposition, Makri ne cache pas sa grande sympathie pour l' AKP et le président turc, Tayyip Erdogan qu'il considère comme modèle. Après la réussite du projet de fusion entre le Front du changement et le MSP, une autre opération de réunification est déjà en gestation avec le mouvement El-Binaa, qui a tenu son congrès en mars dernier. Par ailleurs, avant les deux partis sus-indiqués, le RCD a tenu, pour rappel, son 5ème congrès en mois de février dernier. A l'occasion de ce congrès, ce parti a plaidé également pour un consensus politique global qui doit être bâti autour d'un processus électoral libre et transparent, pour faire face aux crises économiques et sociales à venir. Le parti islamiste Ennahda tiendra également son congrès prochainement.