LE MOIS DU RAMADHAN DÉBUTE AUJOURD'HUI DANS UN CLIMAT APAISÉ

Le "Tsunami" n'a pas eu lieu

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La flambée des prix qui, traditionnellement, particularise le mois sacré, a été contenue alors que les rushs ont pu être évités grâce à la disponibilité des produits les plus consommés à l'occasion de cet événement.

C'est parti pour 30 jours. 30 jours de jeûne. Un mois qui se caractérise par un mode de consommation adapté à cette circonstance où tout musulman doit notamment s'abstenir de boire et de manger du lever au coucher du jour. Une période qui attise la frénésie de la consommation et par ricochet des dépenses plus conséquentes qu'habituellement. Le Ramadhan ayant acquis depuis belle lurette la réputation d'être le mois le plus cher de l'année. La demande étant très forte. Les spéculateurs carnivores assoiffés de gains substantiels y trouvent une occasion en or pour se remplir les poches et vider celles de leurs concitoyens. Les échos qui nous parviennent n'accréditent apparemment pas cette thèse.
Les prix de certains produits ont augmenté certes, mais pas au point de constater une flambée dévastatrice, généralisée. Les spéculateurs auraient surtout profité des régions où n'existent pas encore de marché de gros. Et comme il fallait s'y attendre cela a fait les affaires des intermédiaires. Ce qui a été constaté notamment dans la wilaya de Bouira. Sur l'ensemble du territoire national c'est plutôt l'accalmie. Nos concitoyens, à la différence des autres années, ne se sont pas rués sur les étals de marchés. Est-ce le fait d'avoir célébré la veille la toute première Journée internationale du vivre ensemble en paix? Normal donc de donner l'exemple. Surtout lorsque son pays a porté à bout de bras cette initiative. Les Algériens en ont donc fait la démonstration.
Ils accueillent en tout cas le Ramadhan dans un climat apaisé. La conjoncture économique aidant. Le mois du Ramadhan sera en effet frappé du sceau du retour en grâce des prix du pétrole. Une situation garante d'une nette amélioration de la trésorerie du pays. Ce qui éloigne le spectre d'une crise financière synonyme d'une inflation galopante qui aurait un effet dévastateur sur le pouvoir d'achat des consommateurs. Les théoriciens ne l'ont pas écarté avec le recours par le gouvernement au financement conventionnel pour éviter un déséquilibre financier qui mettrait en péril l'économie nationale. De ce côté-là ça à l'air de se passer plutôt bien. Nos concitoyens ne s'attendaient certainement pas à pareille conjoncture, plutôt clémente.
A cette bonne nouvelle s'est rajoutée une autre tout aussi bienfaitrice. Aux revenus pétroliers en nette hausse s'est greffée une pluviométrie exceptionnelle qui garantit une production agricole tout aussi remarquable. Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi confirme. «Une bonne moisson de céréales est attendue à l'échelle nationale, au titre de l'actuelle saison agricole, à la faveur d'une pluviométrie abondante, des moyens mobilisés et de la réussite des campagnes labours-semailles», a indiqué, le 12 mai, Abdelkader Bouazghi, en marge du lancement de la campagne moisson-battage. Il faut reconnaître aussi aux pouvoirs, publics le fait d'avoir agi en amont. D'avoir investi le terrain et de ne pas s'être satisfait de promesses ou d'annonces non tenues comme ce fut le cas durant de nombreuses années. Des prévisions y ont même été établies. Les Algériens consommeront grosso modo 8 millions de tonnes de viandes et quelque 10 millions de quintaux de fruits et légumes durant le mois sacré.
Les conditions climatiques fabuleuses qu'a connues l'ensemble du pays doivent garantir une production agricole qui satisferait la remarquable demande du mois de Ramadhan. «Les produits alimentaires seront disponibles en quantité et en qualité durant le mois de Ramadhan», a assuré le président de l'Association nationale des commerçants et artisans (Anca), au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue le 14 avril au siège de l'association. «Les agriculteurs affirment qu'à partir du début du mois de mai, la récolte des fruits et légumes de saison sera mise sur le marché», a ajouté El Hadj Tahar Boulenouar. La crainte d'une flambée des prix qui singularise la première semaine du mois sacré devrait, en principe, être réduite.
Le ministre du Commerce y croit. «Les produits sont disponibles en quantités suffisantes et une hausse des prix sera injustifiée en ce mois sacré», a déclaré Saïd Djellab qui a ajouté que «les producteurs se sont engagés à assurer la marchandise à des prix raisonnables». Des annonces qui ne doivent qu'être garantes d'un mois sacré qui doit se dérouler dans la sérénité. Le tsunami n'aura pas lieu!