MARQUÉE PAR DES PERTURBATIONS ET DES LUTTES IDÉOLOGIQUES

Une année scolaire pas comme les autres

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Le phénomène de l'absentéisme des élèves, qui a connu une recrudescence pendant cette année, est un autre chantier...

L'année scolaire s'achèvera dans quelques semaines. Les services du ministère de l'Education nationale peaufinent les derniers arrangements, en prévision des examens de fin d'année.
Celle-ci, il faut le dire, aura été jusqu'à sa fin, pour le moins, très mouvementée. Ponctuée par des perturbations en tous genres depuis son début, les structures éducatives du pays, ont par conséquent, dû composer tant bien que mal avec ces agitations, dont les retentissements ont ébranlé de manière critique les activités scolaires de certaines wilayas plus que d'autres. Et ce, en raison, notamment, des tensions engendrées par la grève initiée par le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l'éducation (Cnapeste).
En effet, Les établissements scolaires des villes de Béjaïa, Blida et de façon plus relative, Tizi Ouzou, en ont fait les frais. Le débrayage des enseignants affiliés à cette entité syndicale a paralysé les écoles au début du mois de novembre dernier. Une situation de crise qui s'est aggravée au moment où le Cnapeste a étendu sa grève illimitée à la date du 30 janvier 2018, au niveau national. Une cacophonie sans précédent s'en est suivi au sein des institutions de l'éducation. Il aura fallu attendre de longues semaines pour que le bras de fer entre la ministre de l'Education nationale, Nouria Benghebrit et le Cnapeste trouve enfin une issue plus ou moins satisfaisante pour les deux parties.
Toutefois, il faut noter que les conséquences pour les classes d'examens se font à ce jour ressentir, à cause du sérieux retard induit dans les programmes scolaires. Par ailleurs, des mesures urgentes ont été prises pour y remédier et assurer le rattrapage de tous les cours. Toutefois, on signale de part et d'autre, que le plan de rattrapage mis en oeuvre par le département de l'éducation dans les wilayas de Blida et Béjaïa, a certes aidé à rattraper certains cours, mais cela ne suffira sans doute pas à venir à bout de tout le programme avant l'arrêt des cours.
Par ailleurs, bien d'autres facteurs ont contribué à une certaine nonchalance dans la poursuite de l'année scolaire en ce troisième trimestre, soit juste après les vacances de printemps. Il s'agit particulièrement du phénomène de l'absentéisme des élèves, qui a connu une recrudescence pendant cette année. Nombre d'établissements scolaires situés à Alger surtout, ont enregistré un chiffre important du taux d'absents dans les classes.
Ce qui est d'autant plus grave, tant cela concerne beaucoup plus, les élèves devant passer le BEM ou encore le baccalauréat. Si ce laisser-aller a été déploré par certains enseignants, d'autres au contraire n'ont pas hésité à encourager ce type de comportement pour des avantages personnels. En simultané et non sans déplorer cet état de fait qui n'a de cesse de se propager dans les structures scolaires en Algérie, Nouria Benghebrit a récemment annoncé la prolongation des cours pour cette année jusqu'au 30 juin prochain, exception faite pour les élèves concernés par les examens de fin d'année. Une décision qui soit dit en passant, n'a pas fait l'unanimité au sein des partenaires sociaux, pas plus que chez les élèves et certains parents. Les syndicats relevant de ce secteur ont qualifié cette initiative en mettant en exergue la «non-faisabilité» de la chose. Ils ont à ce titre, soulevé la forte possibilité que les élèves ne vont sans doute pas affluer en masse durant cette période. En ce qui concerne les associations de parents d'élèves, le fait de prolonger les cours a été plutôt bien accueilli. Et pour cause, ses représentants pensent qu'il y a un côté négatif à faire sortir l'élève à la moitié du mois de mai.
Enfin, rappelons qu'à la veille des vacances d'été, les autorités concernées doivent faire encore face à l'ultime défi, qui est celui de garantir un climat propice au bon déroulement des examens de fin d'année, le bac en première ligne. Le spectre de la fraude plane comme chaque année, pas moins que celui des erreurs dans l'élaboration des sujets d'examens ou de l'absentéisme lors des épreuves. Autant de paris à relever pour Nouria Benghebrit. Par ailleurs, les examens nationaux débuteront le 23 mai prochain pour le cycle primaire, puis du 28 au 30 mai pour le cycle moyen. Pour ce qui est de l'examen du baccalauréat, il aura lieu du 20 au 25 juin.