COLLECTE DES DÉCHETS MÉNAGERS À BÉJAÏA

L'epic enfin débloqué

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Le bon sens l'a enfin emporté. Les interventions des uns et des autres ont fini par débloquer une démarche visant une meilleure prise en charge des déchets ménagers à Béjaïa.

L'Epic (Etablissement public à caractère industriel et commercial), créé dans le cadre du nouveau schéma directeur par la wilaya pour la collecte et le traitement des déchets ménagers, dénommé Bougie Net est enfin débloqué. «Cet établissement entrera en activité incessamment», indique un communiqué de la cellule de communication de la wilaya de Béjaïa, précisant que «la trésorière communale a pris contact avec le président de l'APC de Béjaïa et s'est engagée enfin à signer le mandat de la subvention qui a été votée par l'APC pour ce projet, dès le début de la semaine prochaine».
Cette bonne nouvelle a été confirmé par le député indépendant Braham Benadji qui explique sur sa page facebook que «suite à mon intervention appuyée par le groupe des indépendants, à sa tête le chef du groupe Osmani Lamine auprès du ministère des Finances, le projet de l'Epic de Béjaïa, qui prendra en charge la collecte des ordures, vient d'être débloqué». Voilà une bonne nouvelle pour les habitants de Béjaïa et ses visiteurs. Une affaire qui a fait couler beaucoup d'encre en ce mois de Ramadhan, qui s'est singularisé par une situation d'hygiène jamais connue par la ville de Béjaïa.
Alors que les 20 premiers camions de l'Epic ont été réceptionnés depuis plusieurs semaines dans cette perspective, en attendant 40 autres, des balayeuses et camions citernes ainsi que le recrutement de quelque 200 employés, le projet de création d'un Epic chargé de la collecte des déchets ménagers dans la commune de Béjaïa a été «bloqué» par la trésorerie communale qui refuse d'engager la subvention qui permettra la mise en service de cet établissement.
Une subvention d'un montant de 70 milliards de centimes accordée par voie de délibération par l'Assemblée communale de Béjaïa au profit de l'Epic, approuvée par la wilaya et visée par le contrôleur financier. Le blocage a été tel que le wali par intérim a instruit le président de l'APC de Béjaïa, «afin de reprendre avec les entreprises privées pour assurer le nettoiement et la collecte des déchets ménagers». La mobilisation de nombreux acteurs politiques et associatifs a fini par débloquer la situation.
L'Epic prendra forme et gérera aussi bien la collecte que le nettoiement et le centre d'enfouissement technique (CET) de Sidi Boudrahem, mis en service en août 2015, pour mettre fin à la décharge communale de Boulimat, sur la côte ouest de la commune de Béjaïa. L'Epic «disposera aussi d'un centre de tri en plus de la collecte quotidienne des ordures» en lui dégageant «un montant financier pour sa mise en place». Le CET, qui a coûté plus de 25 milliards de centimes au Trésor public, a été créé sans centre de tri ni de station d'épuration, ce qui a soulevé le courroux de la population des villages Hellil, Mellala, Aït Ahmed Oumansour, Ireza et Ibachiren, relevant de la commune de Oued Ghir, qui ont procédé, à maintes reprises à sa fermeture.
Les citoyens et les élus de la commune de Oued Ghir n'ont cessé d'interpeller pour éviter une catastrophe due à l'utilisation d'une eau contaminée par du lixiviat, un produit toxique qui peut favoriser des pathologies cancérigènes, les malformations congénitales et les mutations génétiques». A ce propos, le communiqué de la wilaya, portant sur le déblocage de l'Epic ne souffle pas un mot sur la situation du centre d'enfouissement technique de Sidi Boudraham et la levée des contraintes ayant conduit à sa fermeture depuis deux années.