NOUVELLE LOI SUR LES HYDROCARBURES AU CONSEIL DE LA NATION

La plaidoirie de Guitouni

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Ces propos sonnent comme une exigence stratégique pour rattraper le retard dans ce secteur, surtout après avoir vécu la disette en matière de recettes où le pétrole a enregistré une chute qui a frôlé les 30 dollars le baril.

Le dossier de l'énergie constitue l'une des préoccupations majeur des pouvoirs publics de par les fluctuations qu'il a subis depuis des années dans le marché international. Une loi sur les hydrocarbures semble se frayer un chemin pour qu'elle soit révisée et peaufinée à la lumière des changements que vient de connaître le secteur de l'énergie et aussi la dégringolade de ses prix qui avait pris une tournure drastique pendant plus de 5 années.
Dans ce sens, le ministre de l'Energie, Mustapha Guitouni, a précisé avant-hier que la loi sur les hydrocarbures sera remise au goût du jour et qu'elle doit subir des modifications en urgence pour parer aux dysfonctionnements et aux déséquilibres provoqués par le recul des prix du pétrole influant ainsi sur le coût de l'investissement et l'activité tertiaire qui n'est pas des moindres dans le secteur de l'énergie.
La nouvelle mouture de la loi sur les hydrocarbures sera fin prête entre janvier et février de l'année prochaine, c'est ce qui ressort de la déclaration du ministre de l'Energie Mustapha Guitouni, lors d'une plénière du Conseil de la nation, consacrée aux questions orales.
La situation énergétique est très préoccupante, l'Algérie est surtout un pays foncièrement dépendant de cette richesse fossile, à savoir le pétrole. Le ministre Mustapha Guitouni a essayé d'apporter des clarifications quant à cette mesure consistant à mettre en place une nouvelle mouture d'une loi sur les hydrocarbures en soulignant que «cette révision est indispensable car cette loi n'est plus attractive pour les opérateurs et investisseurs algériens», il est allé même jusqu'à utiliser une phrase lourde de sens, à savoir qu'elle «concerne l'avenir du pays». Ces propos sonnent comme une exigence stratégique pour rattraper le retard dans ce secteur, surtout après avoir vécu la disette en matière de recettes où le pétrole a enregistré une chute qui a frôlé les 30 dollars le baril. Dans ce sillage, le ministre de l'Energie Mustapha Guitouni, a indiqué que «les pays producteurs ont adapté leurs lois qui ont été reformulées en adéquation avec les changements que connaissent les cours du pétrole marqués par une baisse ces dernières années. Il n'est plus possible de continuer à travailler avec une loi appliquée lorsque le prix du baril était à 140 USD alors qu'il est actuellement de 30 dollars. nous ne pouvons rester comme ça figés», a soutenu, Mustapha Guitouni.
Celui-ci a mentionné la question du «manque d'attractivité» lors de la plénière du Conseil de la nation, consacrée aux questions orales; il a même rappelé que six offres d'appels ont été infructueuses. Est-ce que cette situation que connaît le marché énergétique algérien est réellement liée à cette question «d'attractivité» où la problématique est posée en termes de gestion rentière y compris du secteur pourvoyeur de la rente?
Et pour mettre un terme à des imbroglios et des quiproquos sur l'affaire du bureau d'études techniques américain, relative à la nouvelle loi sur les hydrocarbure,. Guitouni a été direct et catégorique sur cette question en précisant que «l'octroi de l'étude à un bureau américain ne veut pas dire qu'il n'y a pas de compétences en Algérie. Cependant, il est inconvenable que le pays se mette dans une situation d'isolement, car de telles lois requièrent une expérience nationale et étrangère», et d'ajouter que «la nationalité du bureau d'études n'était pas importante. L'essentiel est de parvenir à formuler des lois qui soient bénéfiques pour le pays, à attirer les investisseurs et à préserver les stocks nationaux. Le plus important est que le secteur bouge, d'autant plus que les investisseurs ont de nouveau confiance en l'Algérie», a asséné le ministre de l'Energie, Mustapha Guitouni.
De ce point de vue, le secteur de l'énergie en général et la Sonatrach en particulier doivent selon le ministre Guitouni connaître des transformations, voire des structurations même pour se hisser aux exigences imposés par la réalité du marché pétrolier qui connaît des changements rapides et surprenants à toute heure et à chaque instant. Guitouni a formulé l'idée que le secteur de l'énergie algérien doit aller mordicus vers plus d'ajustements et de restructurations dans l'objectif de devenir plus attractif d'investissements et permettre au marché énergétique national de renouer avec la performance économique et le pragmatisme commercial. Dans ce registre, le ministre de l'Energie, Mustapha Guitouni, à indiqué que «le prix du pétrole change chaque heure et l'investisseur doit trouver un intérêt pour accepter de travailler avec nous. C'est pour cela que Sonatrach a entamé sa restructuration. Si nous n'accordons pas des garanties suffisantes aux investisseurs, ils n'accepteront pas de venir», a tempêté le premier responsable du secteur de l'énergie.
Dans le même sillage, le ministre a abordé le volet de l'énergie solaire et l'investissement que déploie l'Algérie dans ce domaine d'avenir surtout en ce qui concerne l'énergie renouvelable. Il a affirmé qu'«il sera procédé, dans le cadre de cette opération, à la détermination d'un prix de départ précisant que le recours à ces techniques modernes de production de l'énergie permet une réduction des coûts de l'ordre de 40%», a ajouté Guitouni à ce propos.
Tout compte fait, la politique énergétique nationale doit impérativement faire sa mue, le marché mondial de l'énergie dans toutes ses variantes connaît des mutations énormes et rapides. L'atrophie qui caractérise le marché des hydrocarbures, le pétrole en l'occurrence, exige de la part des pouvoirs publics de bien s'engager dans une politique énergétique moins coûteuse et de qualité et concurrentielle aussi.
La mouture de la nouvelle loi sur les hydrocarbures est une donne imposée par les tiraillements et les fluctuations que traverse le marché mondial des énergies. L'Algérie n'est pas en reste de cette dynamique énergétique.