HÔTEL DE VILLE D'ORAN

26 milliards pour réhabiliter... la façade principale!

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A Oran, l'on excelle, avec ingéniosité, dans les gaspillages lambda, pour peu que cela fasse beau. C'est d'ailleurs le cas flagrant du projet de réhabilitation de l'Hôtel de ville ou encore le siège abritant la mairie d'Oran. Celui-ci vient d'être livré après l'achèvement des travaux menés par le groupe Hasnaoui «Tarmim». Mais, la surprise a été toutefois totale.
Le projet a, contre toute attente, porté sur le retapage de la façade principale et les murs extérieurs de ladite structure et rien de plus. Et dire qu'un tel chantier a nécessité la mobilisation d'un pactole de pas moins de 26 milliards de centimes. Les entrailles de la bâtisse sont laissées en l'état offrant de celle-ci une image hideuse.
Les murs et les plafonds, sérieusement endommagés, sont, dans leur majorité, lézardés. D'autres gardent intactes les traces de la déliquescence ayant frappé plusieurs bureaux comme celui qui a pris feu dans le passé.
Les stigmates ayant noirci ses murs et son plafond ainsi que les piliers de confortement, en dégradation, sont de visu perceptibles. Quel gâchis! «L'on a perdu près de cinq années en tergiversations pour voir livrer une façade bien rustiquée alors que les entrailles de l'enceinte sont creuses, sans âme», déplore-t-on ajoutant que «la rénovation du siège de l'APC d'Oran n'aurait pas concerné toute la bâtisse». Une telle information constitue un secret magistral étant donné qu'elle est difficile à confirmer.
«Les responsables locaux sont abonnés au mode des calendes grecques», a-t-on constaté après avoir tenté de prendre attache avec deux cadres en relation directe avec le projet. Pourtant, rien n'indiquait un tel sort lorsque le chantier a été relancé un certain 3 octobre 2015 par l'huissier de justice ayant sommé l'entreprise italienne de quitter les lieux pour confier les travaux au groupe algérien. L'entreprise italienne, répondant au nom de Sarl Rifit, a, depuis 2012, cerné la bâtisse en installant ses échafaudages géants, à l'extérieur de l'immeuble, alors que l'intérieur de la cour principale était «envahi» par d'autres équipements encombrants. Pour des raisons, qui ne sont toujours pas encore dévoilées, ladite entreprise n'a pas jugé utile de lancer les travaux hormis la transformation de l'Hôtel de ville en une véritable base de vie, ce qui lui aurait valu le retrait du projet pour le confier au groupe Hasnaoui «Tarmim» pour le montant de 26 milliards de centimes, soit la moitié de la facture proposée par l'entreprise italienne.
L'entreprise algérienne s'est engagée pour la concrétisation du projet dans les délais fixés, 18 mois contre 36 mois proposés par l'entreprise italienne. Tel que paraphé dans le contrat liant le maître d'oeuvre et l'entreprise réalisatrice, les travaux portent essentiellement sur la réhabilitation des façades de l'immeuble, son étanchéité et son plancher.
Intransigeants. Telle est l'image qu'ont voulu donner les responsables locaux en charge de la problématique. L'ex-wali d'Oran, ayant donné le coup d'envoi officiel des travaux, a, en se rendant sur les lieux, été explicite dans ses instructions en sommant ses lieutenants, le maître d'oeuvre notamment, sur la nécessité de suivre rigoureusement les travaux, mais également de mettre l'accent sur leur célérité tout en renforçant leur présence dans le chantier, accompagner l'entreprise algérienne, à laquelle a été confié le projet en lui facilitant toutes les démarches liées à la réalisation du chantier.
Par ailleurs, aucun des responsables locaux n'a jugé utile d'apporter de réponses sur le blocage, même si l'étude commandée à un bureau d'études étranger a nécessité 23 mois de délai.
Le montant de cette étude aurait été, selon des informations, difficiles à vérifier, de l'ordre de 700 millions de DA. Idem pour le retard accusé, les responsables locaux se sont maintenus dans un silence radio. Quand est-ce que le maire regagnera-t-il son somptueux bureau après avoir éparpillé ses services un peu partout dans des structures avoisinantes? «Pas de sitôt, tant que l'intérieur de l'Hôtel de ville est devenu une coquille vide», riposte-t-on tout en ironisant pour le fait que le maire soit établi dans le centre culturel d'Oran (ex-Prix unique) tout en y domiciliant son cabinet. Plusieurs autres services ont, depuis 2012, été délocalisés dans d'au tres quartiers.
La bâtisse, abritant l'actuelle APC, devait initialement être mise à la disposition des artistes et hommes et femmes de lettres et de culture.