LES DANGERS DES JEUX VIDÉO SUR LES ENFANTS

Les spécialistes en quête d'une stratégie nationale

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Les dangers des jeux vidéo sur les enfants inquiètent sérieusement en Algérie. L'absence d'une stratégie nationale pouvant prémunir les enfants de ces dangers fait des siennes. Le ministère de la Santé, qui semble chargé par les pouvoirs publics afin de travailler dessus a organisé hier un séminaire sur cette thématique. Pour ce faire, le ministère a convié tous les secteurs et les parties concernés par la question, à savoir l'éducation, la communication, les télécommunications, les associations de parents d'élèves et les services de sécurité. Le séminaire a débuté par une communication sur les enfants et les jeux vidéo, présentée par Saïd Righi, psychiatre. Ayant plusieurs enquêtes de terrain à son actif sur le sujet, le docteur Righi a surpris plus d'un parmi l'assistance. «Les jeux vidéo ont plus de bienfaits que de méfaits pour les enfants», a-t-il déclaré d'emblée. Le développement de l'intelligence ne peut pas se faire chez l'enfant en l'absence de ces jeux. «Toutes les études qui ont été faites jusque-là dans ce domaine montrent que les enfants jouant aux jeux vidéo sont plus intelligents que ceux qui en sont privés», a-t-il argué. Pour appuyer davantage ses propos, le conférencier a indiqué que tous les pays développés, à l'instar des Etats-Unis, le Canada, l'Allemagne, la Russie disposent d' un programme portant sur la garantie de l'accès aux jeux vidéo par les enfants. Par les jeux vidéo, il ne faut pas entendre systématiquement, nuance le docteur Righi, les jeux accessibles via les écrans. «Les jeux vidéo accessibles via les écrans ne sont recommandés dans les pays sus-indiqués qu'aux enfants âgés de 10 ans et plus. De même pour ce qui est des tablettes et des téléphones portables», a-t-il précisé. La raison est que ces derniers ont causé beaucoup de méfaits sur la santé des enfants. S'attardant par ailleurs sur le cas du jeu de la Baleine bleue ayant provoqué le suicide chez plusieurs enfants algériens et dans le monde, le conférencier a précisé que la Baleine bleue n'est pas un jeu. «Le mystère demeure entier à son sujet», dira-t-il, en rappelant que ce dernier a été créé par un psychologue. Les victimes de la Baleine bleue ne sont pas des enfants, mais plutôt les enfants. «Les victimes de la Baleine bleue, sont des adolescents dont la santé psychique est des plus instables», a-t-il affirmé, en citant des exemples réels. Abordant ensuite les solutions thérapeutiques pour contrecarrer les dangers des jeux vidéo, le docteur Righi a mis en avant le facteur de la sensibilisation et de l'information à l'égard des parents et le personnel des établissements recevant les enfants. «L'enfant agit en fonction de l'éducation qu'il reçoit. Cela est plus que prouvé», affirme-t-il. Ainsi, les parents doivent éduquer leurs enfants sur le bon usage des jeux vidéo et de l'Internet. «Le contrôle doit être permanent et implacable à cet effet, et ce aussi bien par les parents que le personnel des établissements scolaires», a-t-il préconisé. En ouvrant le débat, Djamila Khiar, présidente de la Féderation nationale des parents d'élèves a indiqué qu'il est temps que tous les secteurs mettent la main à la pâte. «La solution du contrôle des élèves est illusoire. L'enfant évolue plus à l'extérieur qu'à l'intérieur de la maison et de l'école»,
dira-t-il. Voulant être pragmatique dans sa vision, Djamila Khiar a plaidé pour l'interdiction de l'ouverture des cybercafés devant les établissements scolaires. «Il n'est un secret pour personne qu'aujourd'hui les élèves passent plus de temps dans la rue qu'en classe. Ouvrir des cybercafés à proximité des écoles est une invitation pour ces derniers à abuser de ces espaces», souligne-t-elle. De son côté, la représentante du ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique a souligné que le contrôle de l'Internet ne peut pas se faire en amont par le ministère. «Ce dernier ne peut pas connaître l'identité de l'utilisateur de certains sites, pour les bloquer.» Ledit ministère est, selon l'intervenant, le Premier ministère a avoir lancé une campagne de sensibilisation à l'endroit des parents. Intervenant à la fin du débat, le professeur Mohamed Chékali, directeur subdivisionnaire auprès du ministère de la Santé chargé de la promotion de la santé mentale, a indiqué que la rencontre d'hier sera suivie d'autres à l'avenir. «L'année 2018, pour le ministère de la Santé, sera celle de la lutte contre les dangers des jeux vidéo.» Le séminaire d'hier a été organisé à l'occasion de la Journée de l'enfant africain, a rappelé le docteur Chékali.