ELLES ONT INTERPELLÉ LE CONSEIL ET LE PARLEMENT EUROPÉENS

90 ONG sahraouies dénoncent le Maroc

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Plus de 90 organisations de la société civile sahraouie ont condamné hier la volonté de la Commission européenne de poursuivre ses pratiques illégales au Sahara occidental, exhortant le Conseil et le Parlement européens à rejeter tout accord UE-Maroc qui inclut ce territoire non-autonome sans le consentement «explicite» de son représentant légitime, le Front Polisario. Dans ses décisions du 21 décembre 2016 et du 27 février 2018, la Cour de justice de l'UE a clairement défini le statut du Sahara occidental en tant que territoire «séparé» et «distinct», soumis à un processus de décolonisation mené par l'ONU, ont-elles rappelé. Selon ces organisations, la Commission européenne a ignoré les principes clés de l'arrêt. «Au lieu de demander le consentement du peuple du Sahara occidental, la Commission a engagé des «consultations avec les parties prenantes» alors qu'un accord avec le Maroc avait déjà été paraphé», ont-elles déploré. Les organisations sahraouies ont dénoncé, par ailleurs, les «termes fallacieux» utilisés par les représentants de la Commission européenne lors des auditions publiques au Parlement européen, remplaçant la notion de consentement par celle de «processus de consultation» et «le peuple du Sahara occidental» par la «population locale» qui sont «fondamentalement différents». Elles ont aussi dénoncé l'approche actuelle de la Commission qui «prolonge l'occupation et les souffrances du peuple sahraoui», et ont déploré la réduction de l'aide humanitaire indispensable aux réfugiés sahraouis. Elles ont regretté également son silence par rapport à «la terrible situation des droits de l'homme» au Sahara occidental occupé, comme en témoigne le nombre élevé de prisonniers politiques et les violations quotidiennes des droits de l'homme les plus élémentaires. «Nous entendons souvent de l'UE que nous allons bénéficier des accords UE-Maroc qui incluent notre territoire. Nous n'avons jusqu'ici pas vu un lambeau de preuves», ont-elles soutenu. Ces organisations ont demandé à l'UE de s'assurer que les relations UE avec le Maroc, «aussi importantes soient-elles», n'entravent pas l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, M. Horst Kohler, dans ses efforts pour négocier une paix juste et durable au Sahara occidental, conformément au principe de l'autodétermination. Elles ont appelé, en outre, l'Espagne, seule puissance administrante reconnue au Sahara occidental, à procéder à la décolonisation du territoire. Les organisations sahraouies ont souligné, dans leur déclaration, la nécessité d'organiser une mission d'enquête «complète et sans entrave» sur le territoire du Sahara occidental afin de s'enquérir de la situation humanitaire, des droits de l'homme et de la situation socio-économique sur le terrain, appelant l'UE à «améliorer considérablement» son assistance au peuple sahraoui.