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Clap de fin sur le Ramadhan 2018!

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Ça sent la fin du Ramadhan! Après un mois des plus animés, une certaine morosité s'installe sur Alger et ses environs. La capitale commence, en effet, à se vider de ses habitants. Avant même la nuit du doute, certains ont choisi de s'offrir un long week-end de l'Aïd, en allant à la campagne. Depuis dimanche dernier, les établissements de santé publique et surtout les cabinets des médecins privés sont pris d'assaut afin d'obtenir le fameux sésame qui leur permettra de s'offrir ce pont de l'Aïd, à savoir un certificat d'arrêt de travail. «Ils sont tous tombés malades à la veille de l'Aïd», plaisante un médecin qui affirme que son cabinet est envahi par des patients qui le «harcèlent» pour ce qu'ils appellent affectueusement «maladie». Après avoir réussi leur coup, c'est donc direction le «bled!» Ce qui se fait ressentir dans les ruelles d'Alger et sa banlieue qui se sont soudainement vidées alors qu'elles grouillaient de monde la veille. «Je n'arrive pas à y croire, le Ramadhan est fini avant l'heure...», s'inquiète Zohir, un jeune qui ne trouvait pas ses amis habituels pour jouer aux dominos.
Cette ambiance de fin de Ramadhan se fait aussi sentir au niveau de la circulation, qui est plus fluide, mais pas seulement sur les...routes! Au niveau des magasins, la bousculade habituelle pour «s'arracher» les dernières provisions de la journée. «On peut enfin respirer un peu...», confie Abdou, caissier dans une supérette de la capitale. Il faut dire que même ceux qui sont restés à Alger n'en peuvent plus! La fatigue a pris le dessus. Les batteries sont à plat! Leurs corps commencent à leur faire payer l'excès de nourriture et le manque de sommeil. «Je n'en peux plus, je suis épuisé. Je dois me reposer. Les achats de l'Aïd sont terminés, les enfants ont eu leur dose de sortie et moi celle de sahrate'' avec les amis, donc je n'ai plus aucune raison de sortir», fait savoir Samir, un père de famille qui s'est visiblement fait une raison. Si Samir et les hommes se permettent le repos du guerrier, ce n'est pas le cas de nos guerrières qui, elles, continuent le combat en préparant les gâteaux de l'Aïd El Fitr. Ces derniers font d'ailleurs partie des signes de la fin du mois du jeûne. Les femmes commencent généralement à les préparer à la dernière semaine du mois sacré. Leur odeur prévient donc de la fin qui approche. «Je n'en peux plus, j'ai commencé ces gâteaux le week-end dernier. Il me reste encore jusqu'à demain (hier, Ndlr) pour les finir. Heureusement que je ne suis plus obligée de faire la chorba, mon mari et mes enfants ont déclaré forfait par rapport à ce plat typique du Ramadhan», soutient de son côté Lamia, une mère de trois enfants qui attend impatiemment la fin de son calvaire, que semble être le Ramadhan. Les chorbas sont donc presque terminées, les boureks les suivent de près. Car, comme la famille de Lamia, beaucoup n'arrivent plus à voir ce plat sur leurs tables. «La vue de la chorba me coupe l'appétit...», atteste Manel, à qui le Ramadhan n'a laissé que les os. Les feuilletons du Ramadhan et les émissions qui vont avec, suivent le même rythme que la chorba et le boureks, puisqu'ils sont en train de baisser rideau les uns après les autres... C'est donc le clap de fin sur le Ramadhan 2018. On n'attend que les «chouyoukh» pour l'officialiser...