REPRISE DU TRAVAIL DES MÉDECINS RÉSIDENTS

Un vrai soulagement pour les patients

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C'est un début prometteur, une brèche d'espoir, il faut l'entretenir et l'encourager.

La fin du mois de Ramadhan semble apporter sa «bonne nouvelle» dans le secteur de la santé. Les gardes et les urgences seront reprises par les médecins résidents activant sous la bannière du Comité autonome des médecins résidents algériens (Camra). C'est un soulagement pour les hôpitaux et les malades qui ont subi les fatras d'une grève qui a défrayé la chronique, une grève qui entrera dans les annales du corps médical national.
Le bureau national du Camra a affirmé via un communiqué que le retour est officiel à partir du mercredi -c'est-à-dire hier- en assurant les gardes qui ont été désertées pendant plus d'un mois dans le cadre du débrayage qui a commencé depuis plus de 7 mois déjà.
Cette situation délétère, qui a infesté le corps médical en général et les malades en particulier, a participé dans la dégradation de la situation dans les hôpitaux. Aussi la prestation s'est exprimée par une prise en charge des plus catastrophiques après que les médecins résidents ont affiché leur détermination de ne plus assurer les gardes et les urgences tant que leurs revendications n'ont pas été satisfaites dans le fond et dans la forme.
Cette décision est salutaire de la part des protagonistes de la crise qui ronge le corps médical, elle permettra de reprendre la dynamique qui a été bloquée pendant des mois à cause d'une impasse sur fond de revendications socioprofessionnelles des médecins résidents. Il s'agit d'une détente voire d'une nouvelle brèche qui donnera lieu à un véritable engouement au sein des hôpitaux dans le sens où les médecins et les patients verront la nature de l'hôpital reprendre ses droits, à savoir celui d'assurer l'essentiel de son rôle qui consiste à répondre aux urgences et à la prise en charge médicale des patients en état de détresse médicale et d'urgence.
C'est un début prometteur, il faut l'entretenir et l'encourager pour éviter que la spirale de la grève, qui n'est pas comme les autres de par l'histoire des grèves qu'avait connues le mouvement syndical algérien depuis l'indépendance. Ce retour à la situation des plus normales doit être consolidée par des aspects relevant de la confiance et du climat de sérénité au sein de la famille médicale toutes franges confondues. Surtout que la saison d'été a accumulé les retards de toute l'année qui a été caractérisée par des grèves cycliques et qui se sont inscrites dans la durée, dans le temps. Les hôpitaux ont enduré des situations le moins que l'on puisse dire, désastreuses. Il est temps de faire en sorte que la raison l'emporte sur les «frictions» et les «fixations» qui ne font qu'alimenter les clivages et le blocage où seul le malade paie ses retombées et ses conséquences néfastes. Il s'agit du bon sens et de choix judicieux au-delà de «la parade» ou de l'altitude «matamore» visant à faire dans la démonstration de force ou du chantage.
Il n'y a pas de perdant, il y a du gagnant, c'est l'hôpital, il est mis en branle au service de tant de malades qui souffrent de tas de maladies nécessitant une prise en charge urgente. Donc, le retour des médecins résidents n'est qu'un geste salutaire qui mérite d'être soutenu et encouragé pour l'intérêt de notre institution médicale et nos malades qui se débattent dans une spirale sans issue. Il faut maintenir tous les atouts susceptibles de mener vers la détente et les solutions faites sur la base du compromis et les négociations.
La reprise des médecins résidents pour assurer les gardes et les urgences est un signe d'un dégel, voire d'une bonne volonté dans le sens de baliser le terrain vers une stabilité du corps médical et la mise en place d'une atmosphère de la sérénité et du calme sur le plan professionnel et syndical. Cette nouvelle situation qui plaide pour un vrai retour de la vie professionnelle dans nos hôpitaux doit être prise au sérieux et ne pas se focaliser sur l'idée consistant à ressusciter les relents qui participent à polluer l'atmosphère au sein des centres hospitalo-universitaires (CHU). Tous les protagonistes, que ce soit les médecins résidents à travers leur structure ou la tutelle, doivent favoriser la concertation, le dialogue et les discussions en permanence pour dissiper toutes les expressions d'un malaise qui a trop duré.
L'urgence c'est de promouvoir cet atout consistant à maintenir la sérénité et la stabilité pour s'atteler à la tâche et répondre aux besoins et demandes si importants, à savoir faire actionner la machine médicale au sein des hôpitaux et les CHU. Le mot d'ordre central, c'est réunir les conditions d'un retour sur des bases solides de la vie dans nos hôpitaux.