INTOXICATIONS ALIMENTAIRES

L'autre danger de l'été

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Les commerçants de l'alimentation générale continuent en effet, au vu et au su de tous, à ignorer le respect de la chaîne de froid.

Les intoxications alimentaires semblent gâcher aussi cette année, l'été des Algériens. Les cas dont les médias ont fait l'écho jusque-là, (1000 cas selon les chiffres officiels), n'augurent en tout cas rien de bon. L'été ne fait que commencer. Les raisons des cas médiatisés étant le non-respect de la chaîne de froid de la part des commerçants de l'alimentation générale et le manque de respect des conditions d'hygiène à la fois dans les restaurants, les fast-foods et lors des fêtes, mettent tout le monde sur ses gardes. Les commerçants de l'alimentation générale continuent en effet, au vu et au su de tous, à ignorer le respect de la chaîne de froid. «La pratique d'éteindre leurs réfrigérateurs, est toujours de mise», soulignent plusieurs consommateurs. «Les produits laitiers et les boissons gazeuses sont toujours aussi longtemps, exposés au soleil à l'extérieur de leurs commerces», témoigne Nassim, en guise de commentaire sur le sujet du respect de la chaîne de froid proposé, hier, sur les réseaux sociaux. «Cette scène n'a pas besoin d'une visite inopinée pour la constater», ajoute Nassim, rappelant que ces produits ont été exposés déjà au soleil au cours de leur transport. «Le respect de la chaîne de froid n'est pas uniquement d'allumer les réfrigérateurs», a écrit de son côté Max Milano. «Le respect de la chaîne de froid veut dire respecter la température de conservation de chaque produit», explique Max Milano, faisant remarquer que l'ensemble des commerçants en Algérie mêle tous les produits dans le même appareil. A ce propos, il y a lieu de souligner que l'ensemble des commerçants place les différents produits laitiers et les boissons gazeuses dans le même réfrigérateur. Par ailleurs et au sujet de l'exposition de ces produits au soleil, le président de la Fédération algérienne des consommateurs Mohamed Toumi contacté hier par L'Expression, a fait savoir qu'elle est strictement interdite. Pour Mohamed Toumi, la loi en vigueur interdit même le transport de ces produits dans des moyens ne respectant pas les conditions de la chaîne de froid. «Les services de la police et de la gendarmerie ont été d'ailleurs instruits à l'effet de veiller à l'application de cette règle», a ajouté Mohamed Toumi. S'exprimant en outre sur le respect des conditions d'hygiène au niveau des restaurants et des fast-foods, de nombreux internautes ont relevé le non-respect de ces règles par leurs propriétaires. «Les restaurateurs exposent encore le poulet à la poussière. Les cageots des boissons, du pain et les fruits sont toujours déposés dans l'arrière-boutique», indiquera de son côté Rachid, se demandant ce que font les services de contrôle et d'hygiène. Le constat est pire chez les fast-foods, soulignent en outre les internautes. «Le respect des conditions d'hygiène fait défaut y compris par rapport aux par-terres de la plupart des locaux de ces derniers», soulignent de nombreux commentateurs, faisant observer que cet état de fait favorise la prolifération des microbes. Le non-respect des conditions de conservation se pose aussi avec acuité dans les locaux de ces derniers. «Les produits tels que la harissa, la mayonnaise, le vinaigre sont exposés à longueur de la journée sur les tables», mentionnent d'autres, signalant que ces produits sont périssables. A propos de la défaillance du contrôle des restaurants et des fast-foods, il faut dire que le ministère du Commerce interpellé à maintes reprises par les citoyens s'est dit incapable de contrôler tout le monde. «Le ministère n'a pas assez de contrôleurs pour surveiller chaque restaurateur», ne cessent de répéter les services du ministère. La solution, selon ces mêmes services est l'implication des citoyens. «Ce sont les citoyens qui doivent dénoncer ces défaillances», se défendent les services du ministère, indiquant que le nombre des associations activant dans la protection des consommateurs en Algérie, est très faible par rapport aux autres pays. Il est à noter que les services du ministère de la Santé ont enregistré l'année dernière 10 000 cas d'intoxication. Le gros de ces cas a été enregistré lors des fêtes, telles que les mariages. Le non-respect des conditions d'hygiène et de conservation, est la principale raison de ces cas. Notons par ailleurs, que les intoxications alimentaires peuvent s'avérer mortelles en cas de non-prise en charge médicale à temps.