BÉJAÏA

La hantise de l'été

Par
image

Période de forte chaleur par excellence, la saison d'été est fort propice aux intoxications alimentaires. Des mesures préventives s'imposent.

Les intoxications alimentaires ne sont pas étrangères aux habitants de la wilaya de Béjaïa et des visiteurs. Chaque année que Dieu fait, l'empoisonnement alimentaire fait parler de lui. L'année dernière durant la période de juillet, lhôpital de Kherrata a connu une alerte du genre lorsqu'il a reçu plus de 60 personnes victimes d'une intoxication alimentaires. «La manipulation des aliments dans des conditions d'hygiène inadéquates se trouve être souvent la cause des intoxications», indiquait hier un agent du bureau communal d'hygiène de Béjaïa. «Les fortes chaleurs qui sévissent dans la région, augmentent le risque d'intoxication», avertit-il mettant en cause également, «la rupture de la chaîne de froid et l'exposition des produits alimentaires au soleil (qui) font aussi que la nourriture se détériore vite mettant en danger la santé, voire la vie du consommateur».
A chaque saison estivale, nos hôpitaux traitent beaucoup de situations similaires. L'année dernière, 64 personnes souffrant d'une intoxication alimentaire collective lors d'une fête de mariage ont été admises à l'hôpital de Kherrata. Elles souffraient toutes d'une intoxication alimentaire collective et présentaient les mêmes symptômes: vomissements, diarrhées aiguës et fièvre. La ritournelle est une réalité estivale, qui s'invite à la moindre erreur de manipulation et de rupture de la chaîne de froid. Les services concernés montent à chaque fois au créneau pour alerter et sensibiliser sur ces risques qui peuvent coûter la vie à un individu. Des rappels sont nécessaires sur fond de contrôles inopinés pour éviter les situations vécues dans le passé. Il y a quelques années en effet, 79 personnes ont été intoxiquées dans une salle des fêtes de la ville de Béjaïa. 35 personnes ont été évacuées d'un relais routier à Tazmalt, suite à un dîner «toxique». Des dizaines d'étudiants ont été aussi intoxiqués en 2005, après la consommation de poulet avarié dans l'une des résidences universitaires du chef-lieu de wilaya.
Les pouvoirs en sont conscients, puisque des campagnes de sensibilisation et de prévention sont organisées à chaque début de la saison estivale. La direction du commerce en collaboration avec les associations de protection du consommateur, mettent en garde les opérateurs économiques, les commerçants et les citoyens contre les dangers encourus. Le respect des consignes de conservation, notamment la congélation, l'observation des bonnes pratiques d'hygiène et la lutte contre la vente des produits alimentaires sur la voie publique et en plein air sont autant de mesures préconisées. Mais les pratiques des gens sont là pour rappeler tant le commerçant que le client qui paraissent insouciants des risques encourus. On continue encore à écouler des produits très sensibles sur les marchés et dans les commerces après une longue exposition au soleil. Le drame est que le client achète ces denrées alimentaires exposées sur les trottoirs, les places publiques et les plages dans des conditions déplorables et au mépris des lois qui régissent ce type d'activité, «sans qu'aucune mesure dissuasive ne soit prise à l'encontre des contrevenants», fait remarquer cette ménagère qui n'omet pas de relever «l'inconscience du consommateur qui s'approvisionne dans ce genre d'étalages, en exposant sa vie et celle de sa famille au danger».
Il convient de rappeler la nécessité de prendre ses précautions pour éviter des situations d'intoxications qui peuvent induire la mort d'homme. L'été est certes une période de vacances et de villégiature, mais il est préférable d'en profiter en s'entourant d'un maximum de sécurité sanitaire.