BEJAÏA

Encore une fermeture de route

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La région de Béjaïa s'est de nouveau réveillée hier pour découvrir à ses dépens et à ceux de ses habitants et visiteurs un de ses plus importants axes routiers obstrué à la circulation. C'est loin d'être un fait naturel mais c'est humain. Des citoyens, non contents d'un cadre de vie qui tarde à s'améliorer sont venus encore une fois «empester» la vie à ceux qui n'ont aucun tort dans l'affaire mise en avant.
La RN 26 est restée coupée à la circulation dans les deux sens durant toute la journée d'hier. Des citoyens ont déversé leur colère dans la rue revendiquant l'aménagement urbain d'une cité. Cela est suffisant pour bouleverser le quotidien des milliers d'usagers de la route contraints à un détour tout aussi compliqué par la commune de Tifra pour rejoindre Béjaïa dans les deux sens. Un calvaire aggravé par une température très élevée qui perdure depuis trois jours.
Une chaleur caniculaire qui porte le nombre d'interventions de la Protection civile à quelque 13 193 cas recensés depuis le premier semestre de l'année en cours. Dans son dernier bilan, la Protection civile de Béjaïa précise que 5 982 malades, 1 281 blessés (chutes, diverses causes...) ont été évacués vers les différents centres de soins. Sur les routes, outre les coupures, dont on a fini par ne plus s'étonner, pas moins de 793 accidents de la circulation routière s'y sont produits, engendrant 911 blessés et 10 décès», selon le même bilan.
La Protection civile fait état également de 196 accidents, 237 blessures et 10 morts rien que pour le mois de juin dernier. En matière de lutte contre les incendies, les pompiers de Béjaïa sont intervenus 481fois avec les sorties d'engins pour éteindre pas moins de 331 incendies. Les secours de la Protection civile ont été sollicités pour éteindre 109 feux, tous types de feux confondus durant le mois de juin seulement.
Afin de faire face à un été qui s'annonce des plus chauds, une colonne mobile a été installée hier, pour la lutte contre les feux de forêts, un renfort particulier en moyens humains et matériels, sept engins de type 4x4, un CCI, un camion-ravitailleur, un bus, une ambulance médicalisée, un effectif d'une cinquantaine d'éléments.
Le bilan de la Protection civile, qui reste dans la moyenne par rapport aux deux dernières années, n'est pas aussi inquiétant que le fléau de fermeture des routes qui tend à devenir une règle. Un état de fait qui inquiète autant les usagers en particulier et les citoyens en général, que les opérateurs qui pensaient enfin avoir désengorgé quelque peu les routes après l'ouverture de l'échangeur des Quatre Chemins. Mais il était dit que l'enfer sur les routes de Béjaïa sera de règle tant que les élus portés aux commandes locales ne versent pas dans l'anticipation. La fermeture de la Route nationale 26 a été pourtant largement médiatisée sur les réseaux sociaux, mais cela n'a pas pour autant suscité une quelconque initiative de la part des autorités locales administratives ou élues pour s'enquérir du pourquoi de l'action et tenter éventuellement de l'étouffer dans l'oeuf. Ainsi vu la gestion des affaires locales à Béjaïa. Une gestion qui se singularise par un laisser-aller partout. La situation de la collecte des ordures à Béjaïa parle d'elle-même pour illustrer cette léthargie qui colle à la peau des responsables locaux qui ne s'empêchent pas toutefois de s'exhiber sur facebook à la moindre initiative, aussi futile soit-elle.