UNE RENCONTRE À MAÂTKAS, UNE AUTRE À L'ITMAS DE BOUKHALFA

La Kabylie veut labeliser son huile

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C'est une procédure pas si simple car en fait c'est une expertise à deux niveaux, national et international.

La labellisation de l'huile d'olive de Kabylie est reconnue enfin comme seule et unique condition pour la commercialisation de l'huile d'olive de Kabylie. Au niveau national comme à l'international, celle-ci doit répondre à certaines normes fixées par l'OIC (Conseil international de l'olive) en matière première comme préalable avant d'être proposée au consommateur. Une chose est sûre: à l'exportation, le contrôle est rigoureux et aucune exception n'est admise. L'unique solution est de passer le test.
C'est justement ce qu'ont fini par comprendre une bonne fois pour toutes les différents intervenants dans le circuit de production. Aussi experts que soient les experts de la DSA, l'huile d'olive locale ne sera pas admise sur les circuits commerciaux internationaux sans une labellisation et la certification des normes. Aussi, ces derniers temps, producteurs et spécialistes s'activent pour passer cet écueil. Mais ce n'est pas si facile que cela en a l'air pour au moins deux bonnes raisons.
La première est relative à la vision globale de cette exigence. La labellisation est une procédure qui n'est pas si simple car en fait c'est une expertise à deux niveaux, nationaux et internationaux, visant à établir le fait que le produit est spécifique d'abord et répond aux normes requises ensuite. Puis cette adaptation aux normes légales et de qualité est accompagnée d'une exigence économique, la dimension géographique du produit labellisé. A propos justement de cette dernière exigence, la rencontre, qui s'est tenue à Maâtkas risque de ne pas tenir ses promesses pour une raison importante. La labellisation de l'huile d'olive de Maâtkas ne va pas suffire pour en faire un produit exportable. L'exportation de ce produit ne peut être économiquement viable que si la couverture géographique est étendue à toute la wilaya ou à toute la région de la Kabylie.
La deuxième raison est que la labellisation nécessite un travail encore plus acharné dans la chaîne de production. Aussi acharnés que soient les experts de la DSA, ils butent toujours sur le problème du manque de qualité qui frappe l'étape de la conservation. La qualité de l'huile d'olive est largement détériorée à cause des lenteurs accusées par les citoyens. La conservation dure parfois des mois avant que l'olive ne se retrouve à l'huilerie. Aussi, cet obstacle fait que l'huile d'olive affiche toujours un taux d'acidité plus élevé que la norme requise par l'OIC. Le passage à l'export se heurte donc à cet écueil qui n'est pas si facile qu'il en a l'air. Dans les pays producteurs, il existe de grands producteurs qui réussissent à se constituer en coopératives et parviennent à synchroniser leurs actions. En Kabylie, les producteurs sont de simples citoyens qui ont chacun quelques dizaines d'oliviers. Très nombreux, il devient difficile de les sensibiliser ni même d'adopter une stratégie ou une planification. Le défi est là justement.