80% D'ENTRE ELLES SONT EN DIFFICULTÉS FINANCIÈRES

Cri d'alarme des agences immobilières

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Les agences immobilières sont à bout de souffle. La Fédération nationale des agences immobilières, (Fnai) a lancé un SOS invitant les pouvoirs publics à mettre un terme à l'anarchie qui bat son plein dans le secteur.
«Sur les 3000 agences immobilières 20% ont baissé rideau et 80% souffrent de difficultés financières», a affirmé Nour-Eddine, membre du bureau national de la Fnai, chargé de l'information. Lors d'une conférence de presse tenue, hier, à Alger les membres de cette fédération ont appelé le gouvernement à mettre le holà à ce secteur, gangrené par l'informel qui occupe 70% des activités. Ces derniers ont réclamé l'obligation de passage de toute transaction immobilière par les agences.
C'est l'une des principales propositions formulées dans leurs rapports adressés aux pouvoirs publics. «C'est à travers l'obligation de passage des transactions par les agences qu'on pourra mettre de l'ordre dans le marché de l'immobilier», a assuré le conférencier. Selon lui, cette obligation va permettre d'assainir le marché de l'immobilier, le réguler et sera aussi rentable pour le Trésor public. En cette période de crise, la régulation du secteur de l'immobilier pourra certainement renflouer les caisses de l'Etat.
Ce membre de cette fédération rappelle que ce n'est pas la première fois que celle-ci interpelle les pouvoirs publics sur cette situation. «Nous avons adressé des courriers aux différents ministéres, à savoir l'Habitat, les Finances, le Commerce ainsi que celui de l'Information pour prendre les choses en main et stopper l'anarchie qui règne dans le secteur, mais en vain», déplore le chargé de communication qui soutient que même la wilaya et les directions de l'urbanisme ont été sollicitées. Devant l'absence de contrôle et de transparence, le secteur de l'immobilier devient un terrain propice au blanchiment d'argent. D'ailleurs, la sortie de la fédération n'était pas fortuite. «On a voulu attirer davantage l'attention des pouvoirs publics après l'affaire qui a défrayé la chronique connue sous l'appellation de Kamel El Bouchi, impliqué dans l'importation des 701 kg de cocaïne et qui a investi dans la promotion immobilière», avance le conférencier en précisant que cette affaire est le stimulus déclencheur pour instaurer les règles de transparence et de contrôle dans les transactions immobilières. Celui-ci estime que cette affaire devrait servir de leçon pour mener les promoteurs à exercer dans la régularité. L'ancien vice-président de la fédération a écarté tout lien avec l'affaire El Bouchi. «Nous n'avons pas eu affaire à lui», a-t-il certifié, tout en précisant que beaucoup de promoteurs qui ne sont pas en situation régulière préfèrent travailler avec des courtiers qui ne donnent aucune garantie. La Fnai a appelé l'Etat à préserver le métier de l'agent immobilier. «Les pouvoirs publics ne peuvent pas se passer de ce corps car il contribue efficacement à l'établissement des statistiques et données exhaustives et fiables à même d'asseoir des politiques de logements», a tenu à préciser cet opérateur. Défendant sa profession, Nour Eddine avance que «l'organisation du marché du logement et l'absorption de la demande ne peuvent être connues de manière fiable sans la contribution de l'agent immobilier, dont le travail de transparence pour ce qui est de l'évaluation des biens influeront inéluctablement et positivement sur les prix (plus bas)». Revenant sur leurs revendication, il insiste sur le fait que l'obligations de passage des transactions commerciales par les agences va permettre de créer de l'emploi et de contribuer à la stabilité des prix de l'immobilier et contribuera à financer le Trésor public.
En 2015, les transactions ont apporté 1,5 milliard de dinars au Trésor public. Le chiffre va doubler en cas d'application de l'obligation de passage des transactions par les agences immobilières.