Es Senia noyée dans ses déchets

Par
image

34 camions et 50 agents sont mobilisés pour la collecte des ordures de la cité connue pour être le fief de toutes les activités, commerciales et industrielles.

La commune d'Es Senia, localité située dans le sud-ouest de la capitale des Deux Lions, est noyée dans ses déchets. Ces cités, coins et recoins, sont transformées en décharges sauvages réparties sur près de 300 points noirs dont 100 dépotoirs sont dressés dans les environs immédiats du chef-lieu, 200 autres dans le douar des Marocains, à Sidi El Khier et Aïn El Beida. Le constat est amer. Des réceptacles sont dressés près de la clinique de Aïn El Beïda, d'autres sont juxtaposés avec des établissements scolaires donnant ainsi une image hideuse de l'ensemble. Plusieurs monticules de détritus sont dressés tout près du chemin de fer d'Es Senia tout comme dans la cité Kara, le bidonville de Cumo.
Les habitants, en attente d'un geste honorant les responsables locaux, sont, pour le moment, contraints d'inhaler des toutes sortes d'odeurs repoussantes. Le civisme constitue le grand absent chez plus d'une famille ne trouvant rien de mieux à faire que de jeter des sachets remplis de déchets ménagers à la sortie de leurs domiciles. Cette situation s'aggrave à la faveur du défaut des moyens humains et matériels de la municipalité. En tout, 34 camions et 50 agents de nettoiement sont mobilisés pour la collecte des ordures d'une ville connue pour être le fief du commerce sous toutes ses formes et autres activités industrielles mises en place dans le cadre de l'encouragement et de la promotion de la PME-PMI. Cela se passe alors que la saison des grandes chaleurs bat son plein. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Oran peine quant à se débarrasser, convenablement, de ses ordures ménagères. Du coup, El-Bahia risque de perdre son charme et son statut de métropole méditerranéenne. Rien n'indique le contraire. A titre d'exemple, le boulevard Mustapha Ben Boulaïd ex- Albert 1er, rattaché au secteur urbain El Badr offre une image désolante. La cité, abandonnée depuis plusieurs années, est livrée à son triste sort. Un monticule de déblais et débris cache mal cette cité abritant un immeuble s'effritant de jour en jour en plus des déchets ménagers. A qui se plaindre? La même rengaine revient chaque année. Cet été 2018 ressemble à tant d'autres, marqués par la prolifération des dépotoirs, mais aussi par la hausse de la production de toutes les formes de détritus. Les éboueurs de la ville d'Oran sont, durant le reste de l'année, dépassés dans la collecte quotidienne d'au moins 1 600 tonnes d'ordres. Qu'en est-il de la saison estivale? Les mêmes agents, dotés des mêmes équipements, font face à un volume double durant l'été, soit plus de 3 000 tonnes/jour.
La situation est gravissime à telle enseigne que la wilaya d'Oran s'est impliquée directement en prenant part à la campagne nationale de nettoyage, initiée par le ministère de l'Intérieur, des Collectivités locales et de l'Aménagement du territoire. Celle-ci a été menée dans les grands quartiers de la wilaya, organisée sous la direction du wali d'Oran Chérifi Mouloud et à laquelle toutes les directions exécutives ont participé. L'objectif recherché est l'éradication des principaux points noirs des villes relevant du groupement d'Oran et les autres communes.
La première phase de cette opération a, selon les bilans fournis par la wilaya, abouti à la collecte de pas moins de 222 tonnes déposées dans les centres d'enfouissement technique de Aïn El Beïda, Hassi Bounif et
El Ançor. Dans cette campagne, les services de la wilaya ont mobilisé plus de 100 camions, 25 engins et plus de 600 jeunes volontaires, en plus de la société civile et le mouvement associatif comprenant entre autres plusieurs associations et les Scouts musulmans.