LES ADMINISTRATIONS AU RALENTI À BOUIRA

"Revenez après le congé"

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Même si les pouvoirs publics crient leur détermination à lutter contre la bureaucratie, c'est du moins ce que les responsables disent à chaque occasion, la réalité elle les contredit. Hier mardi était une journée dédiée à l'accueil des citoyens. Toutes les administrations semblaient fermées. Dès l'entrée, le préposé à l'accueil vous fixe et vous informe que tout le monde est en congé. Il y a certes des intérims, mais quand vous arrivez à franchir le seuil du bureau, il regrettera de ne pas pouvoir décider à la place du directeur. Finalité: il faut attendre la rentrée même si votre problème ne peut pas attendre.
Ces départs en masse en congé viennent terminer la longue liste des soucis du citoyen dans sa relation avec l'administration. Toute l'année, l'administré est victime de comportements bureaucratiques. Les exemples sont légion. L'exemple d'école reste ce qui se passe à la direction des domaines où il faut être téméraire, tenace et surtout très patient pour régler et se faire délivrer un document. C'est le cas d'un citoyen qui, depuis des années, attend l'exécution de son jugement, d'un autre qui attend son acte. Ce n'est un secret pour personne qu'à la moindre occasion circonstancielle, nos administrations suspendent leurs activités le temps d'une fête, d'une célébration ou d'un suffrage.
Dans le même ordre d'idées, il est aussi opportun de tirer la sonnette d'alarme à la face de ces directeurs qui s'arrangent pour réunir leurs subalternes les jours réservés à la réception des citoyens. Voilà un autre fait bureaucratique bien de chez nous. Le fléau qui gangrène nos administrations est accentué par l'absence d'un contrôle, la prise en compte des contenus des registres de doléances, mais aussi par le laxisme de certains directeurs qui laissent les choses continuer pour ne pas s'attirer la foudre des syndicats et autres employés. Chacun ferme les yeux sur l'autre, semble être une devise administrative algérienne.
Le fait aussi que de nombreuses administrations dépendent de directions implantées ailleurs, comme pour les banques, est une opportunité pour les locaux qui font ce qu'ils veulent. L'incivisme des citoyens accentue le phénomène puisque nombreux recourent aux connaissances pour le moindre papier. Cette façon de faire laisse les portes ouvertes à la corruption d'où l'émergence d'une nouvelle race de fonctionnaires qui n'hésitent plus à demander quelque chose pour un document. Les pouvoirs publics qui s'évertuent à menacer feraient bien de réinstaurer les commissions de surveillance et à sanctionner sévèrement les fautifs. Qui n'a pas au moins une fois entendu dire la vox populi que le président d'un pays développé répondra sûrement à une correspondance quand le maire d'un bourg ne le fera pas. Voilà là un grand chantier pour le gouvernement et une possibilité pour rétablir la crédibilité d'un Etat.