MOHAMED TOUMI, DIRECTEUR EXÉCUTIF DE LA FÉDÉRATION ALGÉRIENNE DES CONSOMMATEURS, À L'EXPRESSION

"La promulgation d'une loi est une urgence"

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L'Expression: Le phénomène de la fermeture des commerces et les locaux des fonction libérales(cabinets médicaux, pharmacies, bureaux d'avocats, bureaux de notaires...etc.) en même temps, durant le mois d'août s'est posé encore cette année. N'y a-t-il pas une loi qui interdit cette pratique pénalisant le citoyen à plus d'un titre?
Mohamed Toumi:
Malheureusement non! Le ministère du Commerce que nous avons sollicité à maintes reprises par courrier à ce sujet n'a jamais daigné répondre et réagir. Le citoyen est en train de payer le prix. Dans nos propositions, nous avons formulé au ministère à ce qu'il instaure une loi obligeant les commerçants et les fonctionnaires libéraux exerçant dans le même périmètre à prendre congé à tour de rôle. C'est la règle dans tous les pays où l'intérêt du citoyen prime. Dans nos courriers, nous avons aussi alerté le ministère du Commerce quant aux répercussions négatives de ce vide juridique. Le commerce informel et la vente à la sauvette se multiplient en été à cause justement de la fermeture de ces commerces. Nombre de commerçants informels à qui nous nous sommes adressés nous ont avancé cet argument pour justifier leur activité illégale.

Sinon, est-ce que vous avez initié vous-mêmes en tant que Fédération, des campagnes de sensibilisation à l'endroit de ces commerçants et professions libérales pour les sensibiliser quant à l'ampleur des dégâts qu'ils causent aux citoyens?
Absolument! Nous essayons chaque année de sensibiliser les commerçants aux effets négatifs de leur pratique, en vain. L'absence d'une loi à ce sujet ne favorise pas notre travail. De plus, tous les commerçants, les boulangers et les bouchers à qui nous nous adressons nous disent qu'ils sont eux-mêmes dépassés. Les employés qu'ils font travailler veulent tous prendre leur congé à cette période de l'année. Si vous permettez, j'aimerais faire remarquer que le phénomène de la fermeture des commerces se pose de moins en moins en Europe et dans d'autres pays, grâce surtout au fait que dans ces pays, l'ensemble des commerçants fait travailler ses enfants ou ses femmes.

Est-ce que vous recevez en tant que Fédération des plaintes de la part des citoyens à ce sujet?
Oui, de nombreuses personnes nous font part de leur colère et de leur dégoût quant à cette pratique. Les citoyens ne comprennent pas l'attitude du ministère du Commerce qui veut d'une part s'attaquer au phénomène de l'informel et de l'autre il ne fait rien quant à la mise en place d'une réglementation pouvant mettre un terme à cette négligence. Les consommateurs veulent du concret.

La fête de l'Aid d'El Adha est dans moins de deux semaines. Avez-vous prévu des actions à mener à destination des commerçants pour qu'ils assurent la permanence les jours de l'Aid?
Absolument! Cependant, au niveau de la Fédération nous avons appris par l'expérience que le problème de l'absence de la permanence durant les jours de l'Aid n'est pas dû uniquement à la non-adhésion des commerçants, mais aussi au fait que les directions du commerce et les APC n'arrangent pas leur travail. Les APC n'affichent pas toutes dans le bon endroit la liste des commerçants requis par la direction du commerce. Ceci fait qu'un commerçant peut baisser rideau s'il n'est pas sollicité par la clientèle. La liste des commerçants concernés par la permanence doit être affichée au niveau de l'état civil et dans les endroits les plus fréquentés par les citoyens. Nous avons écrit aux P/APC dans ce sens.