DÉCOLONISATION DU SAHARA OCCIDENTAL

Horst Kohler face au Conseil de sécurité

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Le temps presse. Le mandat de la Minurso voté fin avril prendra fin en octobre. Il n'a été renouvelé que pour six mois. Se terminera-t-il sans qu'il n'y ait d'avancée notoire de la question sahraouie? Il est tout à fait légitime de se poser la question à partir du moment où le pouvoir marocain fait tout pour qu'il demeure dans l'impasse où il l'a mis. L'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental qui a été conforté dans sa mission pour relancer les pourparlers entre le Maroc et le Front Polisario sera à nouveau face au Conseil de sécurité.
L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, Horst Kohler, fera aujourd'hui un briefing au Conseil de sécurité sur sa dernière tournée régionale visant à relancer les négociations entre le Front Polisario et le Maroc, à l'arrêt depuis 2012. L'ancien président allemand devrait informer le Conseil de sécurité de «ses récentes activités» menées dans le cadre du processus onusien, vient de préciser l'agenda prévisionnel du Conseil de sécurité pour le mois d'août. La réunion se tiendra à huis clos et à l'issue de laquelle l'organe onusien devrait «fort probablement» délivrer des éléments à la presse sous forme de communiqué qui sera lu par le Royaume-Uni, président du Conseil pour le mois d'août, selon une source onusienne proche du dossier. Il s'agit du deuxième briefing de Horst Kohler depuis sa nomination comme envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental et qui intervient également moins de deux mois après sa tournée dans la région où il a eu des discussions avec les deux partis au conflit, le Front Polisario et le Maroc et les deux pays observateurs, la Mauritanie et l'Algérie. Au cours de son premier briefing tenu en mars dernier, l'ancien président allemand a défini avec clarté son mandat en tant qu'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU qui consiste à «trouver une voie pour l'avenir» sur la base d'une solution garantissant l'autodétermination du peuple sahraoui. L'émissaire onusien avait expliqué, lors de cette réunion d'information, sa vision du processus de paix et a précisé que son objectif était de relancer les négociations directes entre les deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, dans le courant de l'année 2018. C'est le pari osé de l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental qui s'est engagé à organiser des négociations directes et sans conditions entre le Maroc et le Front Polisario courant 2018. «M. Köhler a informé le Conseil de sécurité de son objectif de tenir ces négociations cette année, même s'il a reconnu que ces pourparlers ne sont pas une fin en soi car ils exigent la bonne volonté des parties en conflit et leur engagement à y prendre part sans préconditions» avaient assuré des sources proches du dossier. Le temps presse. C'est donc à une véritable course contre la montre que se lance le représentant personnel du SG de l'ONU pour relever son défi. La dernière fois où le Front Polisario et le Maroc se sont installés à la même table de négociations remonte à mars 2012 à Manhasset aux Etats-Unis. Depuis, le processus de paix lancé par l'ONU se trouve dans l'impasse en raison des entraves dressées par le Maroc pour empêcher le règlement du conflit sur la base des principes de la légitimité internationale qui garantissent le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Cela donne un aperçu de la complexité de la mission qui attend l'envoyé spécial de l'Organisation des Nations unies qui espère relancer les négociations entre Marocains et Sahraouis dans l'impasse depuis plus de cinq années.
Nommé en janvier 2009, son prédécesseur, Christopher Ross, avait réussi à organiser neuf rounds de pourparlers informels dont le dernier s'est tenu entre le 11 et le 13 mars 2012 aux Etats-Unis, à Greentree, Long Island, près de New York. Sans progrès notoire. Hörst Kohler réussira t-il à faire bouger les lignes. Attendons pour voir.