LES PRISES S'ENCHAÎNENT DEPUIS LE DÉBUT DU MOIS

11 quintaux saisis en une journée

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1140 kilos. C'est la quantité de kif saisie pour la seule journée de dimanche 5 août à In Amenas et Béchar. Ce n'est pas un fait isolé. Depuis le début du mois, il ne se passerait presque pas un jour sans qu'il n'y ait de saisie significative de kif sur le territoire. Outre les 49 kilogrammes saisis le 1er du mois en cours à Tlemcen, une autre quantité de 94 kilogrammes a été saisie lundi dernier dans la même wilaya. Les gardes-côtes ont saisi près de 43 kilogrammes de kif traité depuis le début du mois, toujours à l'ouest du pays, dont 29 kilogrammes, hier. En outre, 42 kilogrammes ont été saisis à Bordj Badji Mokhtar dernièrement.
Hier toujours, Plusieurs saisies ont été enregistrées à Constantine et Khenchela. Souvent, les saisies effectuées ne concernent pas que le kif, et sont souvent effectuées en même temps que des bombes artisanales, armes, et autres produits destinés à la contrebande. C'est voir à quel point le trafic de drogue est lié au grand banditisme, mais surtout au terrorisme. Il servirait en grande partie à financer ce dernier, mais pas seulement. Outre le problème sanitaire plus ou moins important selon la drogue en question, c'est le fait qu'elle puisse servir au financement des noyaux terroristes encore existants qui pose le plus problème. Et le problème n'est pas des moindres. La consommation de drogue et de produits psychotropes en Algérie est très répandue, et combattre le financement des terroristes en s'attaquant aux consommateurs se présente comme un travail herculéen. Trouver le moyen pour que cette manne financière astronomique ne tombe pas dans les mains d'esprits malveillants à l'égard de l'Algérie et des Algériens semble être un chantier plus accessible et bien plus réalisable. L'expérience de pays comme les Pays-Bas, ou plus particulièrement du Portugal peuvent être très édifiants. Ces pays ont fait d'une pierre deux coups, et pas des moindres! Le grand banditisme qui s'y trouve ne concerne presque exclusivement que des étrangers qui «s'approvisionnent», mais surtout, les statistiques indiquent une baisse nette de la consommation de drogue et des toxicomanies depuis que la consommation a été dépénalisée. Dans le cas algérien, un troisième coup peut s'ajouter aux deux premiers, et ce serait un coup tout aussi décisif. Couper le robinet du financement aux groupuscules terroristes pourrait être le coup de grâce qui les éradiquerait une bonne fois pour toutes. Les solutions sont là, et c'est aux services concernés de se montrer pragmatiques et de fixer leurs priorités.