LA CAMPAGNE DE BOYCOTT DONNE SES FRUITS

Le poulet perd 120 dinars à Oran

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Les boycotteurs ont été agissants dans leur action en excluant la viande blanche de leurs achats. Telle est la conclusion faite par les membres du bureau d'Oran de l'association de la protection du consommateur ayant réussi, à travers l'action de boycott du poulet qu'ils ont lancée, d'asseoir la raison en opérant leur coup de force contre les marchands de volaille. Ces derniers n'ont trouvé rien de mieux à faire que de revoir à la baisse de plusieurs crans les prix de leur marchandise.
En moins de 48 hures, le tarif du poulet a, comme dans la bourse de Wall Street, perdu 120 dinars/kg. «Ce n'est qu'un coup de sommation en attendant les suites à donner à une telle action nationale», a expliqué le représentant d'Oran de l'Association de la protection du consommateur, Abdelhafid Bourezeg, expliquant que «le boycott ayant frappé l'achat du poulet a mis à nu la spéculation montée de toutes pièces par ces bouchers et autres marchands de volaille croyant que le marché échappe à tout contrôle.» Or, selon la même source, «le client est roi». L'action menée à titre expérimental a, à plus d'un titre, attesté que le chaland peut finalement se retenir en maîtrisant ses dépenses. En dépit de toutes les hausses à décider, le prix du poulet ne peut en aucun cas franchir les seuils de 360 DA/kg. A Oran, les volaillers ont été boulimiques. Saisissant l'occasion, ils n'ont rien trouvé de mieux à faire que de plafonner cette chair blanche au tarif dépassant les seuils de l'entendement, 480 DA/kg alors que le poulet rôti est affiché au prix oscillant entre 950 et 1000 DA provoquant l'ire des consommateurs ne savant plus à quel saint se vouer si ce n'est l'intervention de cette organisation ayant pour mission la protection du consommateur qui a lancé l'opération baptisée au nom de «Laisse-le s'emplumer». L'appel lancé a vite fait d'être adopté par les consommateurs ahuris par le comportement «irresponsable» adopté par des marchands saisissant la moindre occasion pour imposer leur diktat et se proclamer en tant que maîtres indétrônables d'un marché régi par toutes les règles, sauf celles le régulant.
Pendant plus d'un mois, le poulet a déployé toutes ses ailes. Son prix est monté en flèche. Il a enregistré une forte hausse pour atteindre les 500DA/ le kilogramme alors qu'initialement il ne dépassait pas les 320 DA durant le mois de Ramadhan. Les explications sont multiples et variées. Les commerçants affirment, de leur côté, que cette augmentation est due à «une production insuffisante». Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a, quant à lui, justifié la hausse des prix des viandes blanches par l'augmentation de la consommation et la demande sur ce type de viandes durant la saison estivale. Pour sa part, le président de l'Association nationale des commerçants et artisans, Hadj Tahar Boulenouar, a expliqué cette augmentation des prix par la baisse de l'offre qui est, selon lui, «inférieure à la demande». Il rappelle dans la foulée que, durant la saison estivale, période des fêtes familiales, la consommation du poulet augmente.
Selon lui, plus de 40% de la production est écoulée sur le littoral, dans les campings, les hôtels, les centres de vacances des entreprises publiques. Il cite également les mariages et les fêtes du bac. Tout comme il a attribué cette augmentation à plusieurs facteurs dont «l'insuffisance de la production nationale de viandes blanches». Celle-ci oscille entre 350.000 et 400.000 tonnes par an. Elle ne couvre pas la demande qui a dépassé les 400.000 tonnes par an. Et d'ajouter que 70% des éleveurs du poulet utilisent un matériel traditionnel. Pour sa part, l'Association de protection, d'orientation des consommateurs et de l'environnement explique que la hausse des prix du poulet a frôlé les 500 DA le kilogramme ces derniers temps, au grand dam des ménages. L'Association a lancé une campagne de boycott pour objectif de baisser les prix de la volaille.