UN FESTIVAL DÉDIÉ À L'ENVIRONNEMENT À IFLISSÈNE

De la musique pour sauver Dame nature

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Un festival pour l'environnement, c'est une idée nouvelle, innovante, voire unique en Afrique. L'initiative émane d'un village typiquement méditerrannéen de Kabylie. C'est au village Arvi, dans la commune d'Iflissène, sur le littoral, que se tient cette manifestation dédiée à la protection de l'environnement et des sites archéologiques et historiques. Cette année, le festival est à sa deuxième édition. On n'en parle pas beaucoup mais l'initiative est d'une importance vitale pour toute la wilaya de Tizi Ouzou qui souffre justement des décharges sauvages.
En effet, les jeunes du village Arvi, animés d'une grande volonté ont, malgré les difficultés, réussi à organiser cette deuxième édition avec brio. De l'animation artistique très riche a été adjointe à la sensibilisation, dans un cocktail artistique très coloré. Il est vrai aussi qu'une pléiade d'artistes kabyles ont pris part à cette organisation concentrée, elle, autour d'une idée du chanteur Zayen. En constante et permanente tournée dans tous les villages de Kabylie, ce jeune artiste a composé une belle chanson dédiée à l'environnement, intitulée Da Musa, la chanson a fait le tour du monde. Plus d'une trentaine d'artistes kabyles, algériens et étrangers ont pris part à l'oeuvre, en y mettant leurs voix.
Ces jours-ci donc, Zayen a mis son initiative au service de celle des jeunes d'Arvi pour animer tout le festival. D'autres grandes figures de la chanson kabyle y ont également participé. L'on pouvait voir Ali Ideflawen, Kaci Abderrahmane, Rabah Ouferhat, Azwaw Oussadi, Malek Kezoui, Kamel Iflissin, Rabah Aïfane et Kamel Si Mohamed. Une grappe d'artiste, qui ont embelli le village Arvi par leur présence. Parallèlement à la présence lumineuse de ces artistes, les organisateurs ont concocté une riche programme d'expositions et de conférences. Aussi, directement après l'ouverture mercredi dès 10 heures, les expositions ont eu lieu pour diverses métiers du terroir à l'instar du bijou kabyle, une exposition de livres avec Moh Outouati et Ahcène Merriche, de la fabrication de guitares avec Abdelkader Moumouh, de la sculpture sur bois avec Salah Meghzi. Mais le festival ne pouvait se passer d'une exposition autour du recyclage du plastique. L'association pour l'environnement d'Azazga a ainsi pris part au festival dans une campagne de sensibilisation et d'explication au citoyen sur les meilleurs procédés de protection de l'environnement. La poterie de Aït Khir a également été l'hôte du village Arvi, en compagnie de sculpteurs sur liège. Toujours dans le cadre de la manifestation, des expositions et des explications ont été prodiguées au sujet des méthodes de recyclage du plastique. Enfin, il est à noter que ce genre d'initiatvies provoque à moyen terme la prise de conscience non seulement des populations mais également des élus locaux. A voir l'état des routes dans la région nord de la wilaya essentiellement, il est évident que le souci de préserver l'environnement n'est pas partagé avec les populations par des élus. Les chemins de ces communes sont actuellement des décharges sauvages et des lieux pourris par les odeurs nauséabondes. Et dire que ce versant est d'une dense activité touristique en ces mois d'été.