LES POINTS DE VENTE DIRECTE DE MOUTONS ONT COMMENCÉ À OUVRIR JEUDI DERNIER

Que l'anarchie commence...

Par
image

Quelque 800 points de vente directe de moutons ont été ouverts à travers le territoire national. Néanmoins, cela ne devrait pas pour autant mettre fin au «chaos» qui règne en maître à la veille de chaque fête de l'Aïd, car il s'agit là d'un gros pactole compris entre 4 et 5 millions de têtes ovines.

Et c'est parti! La vente des moutons de l'Aïd a commencé officiellement, jeudi dernier. En effet, plusieurs points de vente directe de moutons ont été ouverts. C'est donc ce week-end que débutera la «chasse» au mouton presque parfait, alors que certains l'ont déjà choisi directement chez l'éleveur depuis quelque temps déjà. Qu'importe! Ce sera l'occasion pour tous de faire du «lèche - vitrine», et «sawmi» (s'enquérir du prix, Ndlr) les moutons, une activité que beaucoup apprécient et qui fait pour eux le charme de l'Aïd. Les préparatifs de l'Aïd El Kebir ont donc été enclenchés et la star du moment est le fameux mouton. Néanmoins, cela est «traditionnellement» accompagné par une anarchie qui ne dit pas son nom. Malgré les points de vente officiels ouverts, presque 800 à travers le territoire national, les vendeurs trouvent le moyen de créer des points de vente anarchique... en face des points de vente officiels. Pis encore, les «officiels» sont vite rattrapés par les mauvaises habitudes en étant gagnés rapidement par le chaos. Les vendeurs de moutons y dictent leur loi, au même titre que les «apprentis»vendeurs d'aliment pour bétail, les transporteurs en «Harbin» (surnom des petites camionnettes chinoises, Ndlr) et bien évidemment nos amis «parkingeurs» qui se greffent à ces marchés. Il n'en faut pas plus pour le désordre et la confusion. Surtout que les acheteurs ne font pas mieux en se garant n'importe comment et n'importe où. Commencent alors les embouteillages monstres et les habituelles «rixes» qui peuvent se terminer très mal!

Du producteur au consommateur
Pour éviter de tomber dans ce «piège», les petits malins ont anticipés les choses.
À l'instar de Djaâfar. «On essaye de devancer les événements en achetant à l'avance notre mouton pour l'avoir à un prix raisonnable», confie ce père de famille, qui, avec des amis, ont «sacrifié» une journée de vacances à la mer pour se rendre à l'intérieur du pays. Ils ont pris plus exactement la direction de la «Mecque» des moutons, la ville de Djelfa, dans les Haut-Plateaux. Il faut dire qu'au Nord, particulièrement à Alger, chez les rares vendeurs qui ont exposé leur marchandise, le prix du mouton de l'Aïd grimpe à la même vitesse que le mercure de ce caniculaire mois d'août. Les prix sont en train d'atteindre des records inégalés, saignant un peu plus le portefeuille des foyers déjà affaiblis par un été des plus difficiles. C'est la rareté du produit qui est en train de pousser ses prix vers le haut. Les vendeurs de moutons, qui ne sont dans la majorité des cas que des intermédiaires et non les éleveurs eux-mêmes, jouent aux spéculateurs. Ils profitent des rumeurs sur la fièvre aphteuse et la viande bleue pour justifier cette pénurie. Mais en réalité, ils cachent leur marchandise jusqu'à l'approche de l'Aïd pour profiter de la précipitation et créer une certaine tension. Tout est prêt pour qu'ils dictent les prix qu'ils veulent sans avoir peur de ne pas vendre leur marchandise. Un véritable capharnaüm que le président de la Fédération nationale des éleveurs, Djilali Azaoui, réfute. Pour lui, les points de vente aménagés par le ministère de l'Agriculture, depuis 2014 à travers les grandes villes du pays à l'approche de l'Aïd, sont une véritable réussite.

40.000 et 50.000 DA pour un mouton
Il a considéré que c'est une expérience réussie du fait qu'elle a permis de réduire l'anarchie et la spéculation qui prévalent sur le marché du bétail à cette occasion.
«C'est une opération qui a fait ses preuves, car elle profite aussi bien aux éleveurs qu'aux consommateurs», estime-t-il. Pour lui, elle permet de décentraliser la vente tout en permettant à l'éleveur d'écouler la totalité de son produit avec une marge bénéficiaire «appréciable». En outre, elle offre l'occasion aux clients d'acheter un produit sain à des prix «abordables». Toutefois, son «abordabilité» est relative. Interrogé sur les prix, le représentant des éleveurs a avancé une fourchette comprise entre 40.000 et 50.000 DA pour un mouton de taille moyenne et un prix oscillant entre 60.000 et 111.000 DA lorsqu'il s'agit d'une bête de plus d'un quintal. Une véritable fortune qui montre une flambée de plus de 30% des prix par rapport à l'an dernier. «On ne peut pas imposer un prix fixe. Mais une chose est sûre, l'abondance de l'offre et la multiplication des sites de proximité consacrés à la vente de bétail vont barrer la route aux spéculateurs, ce qui profitera forcément aux acheteurs sans pénaliser les éleveurs», a-t-il déduit. Un raccourci qui ne se fait pas ressentir sur le terrain. Malgré les «espérances» des responsables et leurs solutions miracles, la situation ne devrait pas changer par rapport aux autres années. Le «chaos» qui règne en maître à la veille de chaque fête de l'Aïd ne devrait donc pas disparaître, car il s'agit là d'un gros pactole compris entre 4 et 5 millions de tètes ovines...

Le ministère de l'Agriculture rassure
«Alger n'est pas un foyer de la fièvre aphteuse»
Le directeur des services vétérinaires au ministère de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Bara Khaled a affirmé que la wilaya d'Alger n'était pas un foyer de la fièvre aphteuse, expliquant que les sept cas enregistrés récemment au niveau de l'abattoir de Hussein Dey sont des cas exceptionnels de vaches venues en dehors de la wilaya. «La wilaya d'Alger n'a pas été déclarée comme foyer de fièvre aphteuse et les cas signalés au niveau de l'abattoir de Hussein Dey sont des cas exceptionnels qui ont été signalés par l'inspecteur vétérinaire par intérim de la wilaya, Mustapha Mebarki», a affirmé Bara Khaled ajoutant qu'il s'agit de sept têtes bovines qui ont été abattues et éliminées pour éviter la consommation de leur viande. «Des décisions ont été prises portant fermeture des marchés de bétail dans les wilayas déclarées foyer de la fièvre aphteuse», a fait savoir le même responsable.
Évoquant la situation de la fièvre aphteuse au niveau national, Bara Khaled, a indiqué que «la situation générale est stable» faisant savoir que «10 wilayas ont été touchées par cette maladie alors que 150 cas ont été déclarés sur un total de 2 millions de têtes bovines».