SA PROCHAINE RÉUNION SE TIENDRA FIN SEPTEMBRE À ALGER

L'Opep risque de se fissurer

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L'Arabie saoudite qui envisage d'inonder le marché pour compenser le déficit de la production iranienne visée par les sanctions américaines peut faire chuter les cours de l'or noir.

La rencontre sera très probablement houleuse. Elle offrira aux Saoudiens et aux Iraniens l'opportunité de faire étalage de l'animosité ancestrale qu'ils se vouent. Il faudra encore une fois que l'Algérie sorte le grand jeu, fasse preuve de tout le savoir qui caractérise sa diplomatie pour tenter d'arrondir les angles et aboutir à un smig qui consisterait à sauver le fameux accord de la baisse de la production de 1,8 million de barils par jour.conclu le 10 décembre 2016 à Vienne et qui a permis aux prix du pétrole de rebondir.
Ce fut déjà le cas le 28 septembre 2016 lors d'un sommet de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole qui s'est tenue dans la capitale algérienne qui a débouché sur un accord qualifié d'«historique» et qui a servi de socle à la cohésion exceptionnelle retrouvée de l'Opep à laquelle se sont ralliés pas moins de 11 pays hors Opep. Ce qui a permis de tourner la page de la dégringolade des prix du pétrole.
L'Algérie qui n'y est pas étrangère va retrouver ses partenaires qui ont contribué à inverser la tendance. Des retrouvailles moins stressantes qu'il n'y a deux ans qui vont permettre de faire le bilan de leur action qui a permis aux cours de l'or noir de se redresser. Elles risquent toutefois d'être chahutées par une conjoncture géopolitique troublée par les sanctions que compte infliger le président des Etats-Unis à l'Iran. Ce qui priverait le marché d'au moins 2 millions de barils par jour. Ce qui a poussé Donald Trump à solliciter l'Arabie saoudite, membre influent de l'alliance Opep-non Opep et gros producteur mondial, pour y faire face. Le «coup de force»consiste à mettre plus de pétrole sur le marché pour pallier une offre déclinante qui favoriserait une envolée des cours de l'or noir. Une décision unilatérale qui vise à fracturer la coalition Opep-non Opep. A lui donner un coup de canif.L'Algérie a déjà réagi. «Les décisions ne peuvent être prises qu'unanimement, selon les statuts de l'organisation», a assuré Mustapha Guitouni.
D'autres facteurs montrent que l' «opération» du locataire de la Maison-Blanche est certainement vouée à l'échec. Nul n'ignore que le Royaume wahhabite a été durement touché par la dégringolade des prix du pétrole qui lui a occasionné un déficit budgétaire historique de près de 100 milliards de dollars en 2015.
Riyadh réfléchira sans doute à deux fois avant de répondre favorablement au successeur de Barack Obama. Le sommet de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole qui se tiendra vers la fin du mois de septembre offrira l'opportunité de faire le point sur la question. La réplique parviendra d'Alger.