LE PARTI DE OUYAHIA CIBLÉ PAR DES CRITIQUES ACERBES

Feu sur le RND!

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Soudain, un mouton noir se distingua des dizaines de milliers de militants, de cadres et d'élus du parti.

Cela a suffi pour déclencher une avalanche de critiques. A la manoeuvre, les seconds couteaux lâchent la foudre et feu sur le RND! Que reproche-t-on au parti de Ouyahia? Est-ce le fait d'avoir dans ses rangs des députés, des maires et des sénateurs impliqués dans des affaires de corruption? Faux! répliquent à l'unisson ses militants qui exibent des statistiques attestant que leur parti est de très loin le moins touché par ces affaires. «Ce n'est pas que nous sommes insensibles à ces critiques insensées, par ailleurs très intentionnées, mais je veux rappeler que nous sommes le parti le moins touché par ces affaires de corruption», réplique un député du RND, agacé par tant de «médisance politique». «A la moindre confirmation d'un acte de corruption ou de comportement immoral, la direction du parti sévit et sans aucune pitié», ajoute ce militant qui cite le cas du maire de Sidi Bel Abbès. «Il nous est même parfois reproché d'avoir trop vite réagi. Mais c'est une démarche, c'est une éthique politique. Le militant ripoux payera quels que soient son rang et la place qu'il occupe au sein du parti», tranche le même militant, nuançant cependant qu'«on n'agit jamais sur le oui-dire». Le malaise est palpable chez les militants de la deuxième force politique du pays. «On nous a injustement passés à la tronçonneuse et jetés à la vindicte populaire», s'indignent les partisans de Ouyahia. A voir les flots de critiques, on croîrait, en effet, que le RND est phagocyté par la corruption et qu'il ne manquerait plus qu'un communiqué pour officialiser cette corruption qui gangrène le pays. Or, il s'agit de deux ou tout au plus, trois cas avérés et sévèrement punis par le parti. Noble indignation face à des affaires de corruption, de comportement immoral, surtout quand il s'agit d'élus du peuple. Mais ce n'est pas une raison de tirer à vue et dans le tas. A quoi rime alors ce tintamarre? Qui, derrière le rideau, embouche cette impudique trompette? L'objectif de cette insidieuse campagne est de déstabiliser le parti. Mais pas seulement, il s'agit au final d'atteindre la personne de Ahmed Ouyahia.
Jouissant de la sympathie des technocrates, estimé par les partenaires étrangers et apprécié pour ses qualités de bosseur infatigable, il s'est forgé une réputation d'homme à la main de fer et des missions impossibles. Pour qui alors, le Premier ministre constitue-t-il un danger au point de vouloir le traîner dans le cambouis de la corruption? Entre la tenue de combat partisane et le costume du gouvernement, Ouyahia n'a qu'une seule alternative: il est confiné à la défensive, raison d'Etat oblige. Parce que justement, il a le sens de l'Etat. Car sur le ring, Ouyahia est un redoutable boxeur. Tous ceux qui ont eu à l'affronter, lui reconnaissent la qualité de foudroyant adversaire. C'est devenu un rituel. Une descente en flammes l'accueille à chaque fois qu'une brebis galeuse s'identifie au sein du parti et les officines de l'ombre se chargent de le désigner ennemi public numéro un. Quel honneur... car Ouyahia a certainement lu Paul Valéry: «Le grand triomphe de l'adversaire est de vous faire croire ce qu'il dit de vous.»