MANIFESTATION DU CHOLÉRA EN ALGÉRIE

Le "verdict" de l'institut Pasteur français

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Une responsable de l'institut Pasteur français a affirmé au Nouvel Observateur, qu'il s'agit d'un simple accident.

L'épidémie du choléra en Algérie serait le fruit d'un accident d'après une responsable de l'institut Pasteur français. Dans un entretien accordé au Nouvel Observateur, elle argumentera son constat en soutenant qu' «une personne malade a pu importer la bactérie et a souillé l'environnement, contaminant une source d'eau qui a été utilisée par d'autres personnes, directement ou indirectement». Elle fait ainsi comprendre, qu'il n'y a pas lieu de s'affoler. Interrogée sur le degré de gravité de la situation, la responsable a néanmoins admis «il est vrai que pour un pays qui n'avait pas enregistré de cas depuis plus de 20 ans, c'est un événement important, d'autant qu'il y a eu deux décès».
Poursuivant son interview, elle a écarté toute hypothèse portant sur le retour du choléra en Algérie. «En l'état actuel on ne peut pas parler d'un retour du choléra. Mais cela a mis en évidence des déficiences d'hygiène localement ou de mise à disposition d'une eau de bonne qualité auprès de la population», précise-t-elle.
Notons que le mois d'août dernier aura tristement été marqué par l'apparition de l'épidémie du choléra. Cette maladie du Moyen Age, qui s'est subitement manifestée et qui a touché, rappelons-le, près de 100 personnes, a entraîné la mort de deux autres dans les régions du Centre de l'Algérie.
Dix jours après être arrivé à bout de cette calamité qui est tombée sur la tête des Algériens, sans crier gare, l'esprit de nombre de citoyens est néanmoins toujours gagné par une certaine anxiété, quant à la consommation de certains produits de base, de peur qu'ils soient contaminés. Et ce, même après moult assurances du gouvernement portant sur le contrôle total de la situation.
Suite à ce malencontreux événement qui a mis à nu le faible niveau de la prévention sanitaire dans notre pays, quels enseignements ont tiré les autorités publiques de toute cette histoire? Mais surtout comment ces dernières comptent s'y prendre pour prévenir ce genre d'infections à l'avenir? Les spécialistes du domaine, qu'ils soient algériens ou d'autres nationalités, se sont accordés à dire que même si l'importance de cette épidémie a été «relative» et que celle-ci a pu être maîtrisée, tant bien que mal, des mesures urgentes et non moins rigoureuses doivent toutefois être mises en place. Le dernier intervenant sur la question, qui est le président du conseil national de l'Ordre des médecins, Mohamed Bekkat Berkani, a justement rappelé la nécessité d'entreprendre des actions efficientes pour éviter que cela ne se reproduise. A ce titre, il a déploré hier, lors de son intervention sur les ondes de la Radio nationale Chaîne 3, «l'absence totale de prévention».
Il a par conséquent évoqué «les manquements aux règles au niveau des collectivités locales» se demandant au passage, quel rôle a joué la commune ou la wilaya pour contenir ces foyers d'épidémie. Par ailleurs, Bekkat Berkani affirme que d'autres responsables sont à pointer du doigt, à l'instar «du citoyen et de son comportement avec l'environnement», soulignant que ce dernier ne voit pas l'utilité de nettoyer hors de chez lui. Aussi, le président du conseil imputera la responsabilité aux autorités locales ainsi qu'aux bureaux d'hygiène, qui ne contrôlent pas, selon lui, «suffisamment l'environnement». L'arrosage des légumes qui se fait avec des eaux usées a également contribué à l'apparition de cette infection, dira-t-il.
En ce qui concerne le temps mis à identifier la maladie après avoir enregistré les premiers cas, Bekkat Berkani à avancé que cela revient au fait que «cette épidémie a été totalement oubliée par les praticiens de la santé». Et ce, en sachant qu'elle est en relation directe avec l'environnement qui s'est passablement dégradé. Il insistera encore que sur le volet préventif, «nous n'avons pas fait ce qu'il fallait».
Il poursuivra son argumentaire en estimant que l'apparition d'une épidémie comme le choléra «est un indicateur, voire un signal d'alarme qui montre que notre système de prévention est à l'arrêt».
Il relèvera par ailleurs, que cet incident a sérieusement nui à l'image de l'Algérie, dans la mesure où des progrès remarquables ont été accomplis en matière de ressources en eau par exemple. «Nous ne sommes pas censés faire face à ce type d'épidémie», a-t-il précisé en expliquant que cela nous met au même rang que certains pays en guerre, où la propreté est quasi absente. Il enchaînera en affirmant que l'heure est grave, d'autant plus que nous assistons ces derniers temps, à la réapparition de diverses autres pathologies, telles que la rougeole et la rubéole.
A partir de là, il a déploré «l'inexistence d'une veille sanitaire», qui se chargerait de déterminer le risque et de prévenir telle ou telle maladie. Elle se chargera également d'étudier toute les situations de propagation des maladies épidémiques, (maladies transmissibles par voie hydrique ou maladies virales). D'après lui, l'installation d'une telle structure, donnerait un aperçu sur la conduite à adapter à tenir.