Pourquoi Alger et Berlin doivent s'entendre

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Première économie de l'Union européenne, l'Allemagne est un État fédéral composé de 16 Länder et s'étend sur une superficie de 357 027 km² pour une population d'environ 82,5millions d'habitants (mars 2017) avec une population étrangère de plus de 9 millions.
Les échanges commerciaux entre l'Algérie et l'Allemagne ont évolué ainsi: 2011, 2,56 milliards de dollars, 2,59 en 2012, 2,86 en 2013, 3,77 en 2014. Les importations d'Allemagne sont dérisoires 498 millions de dollars en 2011, 238 en 2012, 317 en 2014 et selon le ministère de l'Economie, à 887 millions en 2016 avec une augmentation de 6% en 2017 donnant environ 940 millions d'euros. D'une manière générale, l'Algérie importe essentiellement de ce pays des équipements mécaniques, électriques, sidérurgiques, des véhicules, (ayant assisté récemment à l'installation d'une unité de montage), et des produits chimiques et des graisses. Les exportations algériennes sont, à l'inverse, constituées essentiellement des hydrocarbures (pétrole et gaz) et dérivés.
Les quelque 4400 entreprises de gouvernance familiale que compte l'Allemagne forment la colonne vertébrale de l'économie, sans compter l'importante diaspora, plutôt «bien intégrée» qui peut servir de courroie de transmission. Plusieurs centaines de sociétés d'Outre- Rhin sont implantées en Algérie. Elles évoluent dans différents secteurs d'activité, entre autres l'énergie, les services, l'hydraulique, le transport et les technologies de la construction. Malgré ces échanges minimes, loin des potentialités, la volonté politique «partagée» par les deux capitales et leurs intérêts économiques et géostratégiques respectifs, restent, malgré la crise économique et financière mondiale, favorables au renforcement des échanges économiques et de la coopération bilatérale dans plusieurs secteurs porteurs. L'objectif essentiel est de renforcer le partenariat, tout en étudiant le marché économique des deux pays afin de rechercher les opportunités de coopération en vue d'accroître les échanges commerciaux et la coopération bilatérale, notamment dans le secteur de l'énergie (solaire, éolienne et photovoltaïque), l'Algérie ayant accordé pour les prochaines années la priorité aux énergies renouvelables et des technologies de pointe maîtrisées par l'Allemagne. Aussi, dans le cadre d'un partenariat gagnant/gagnant dans divers domaines en intégrant l'accumulation du savoir-faire technologique et managérial des Algériens, l'on pourrait aboutir à la conclusion de contrats de coopération avec des entreprises algériennes dans d'autres filières où l'Algérie a un avantage comparatif mondial et où l'Allemagne, par un partenariat gagnant/gagnant, pourrait utiliser ses réseaux de commerces internationaux, car nous sommes à l'ère de la mondialisation.
Les Allemands qui n'ont pas de contentieux historique avec l'Algérie, privilégiant le pragmatisme, ont une vision stratégique, l'Algérie pouvant leur servir de porte de l'Afrique et par son développement au sein d'une intégration de l'Afrique du Nord favoriser le co-développement dans la région et atténuer les flux migratoires et les questions sécuritaires qui seront abordés lors de cette visite. Dans différentes rencontres, les entrepreneurs allemands ont fait savoir souvent au gouvernement algérien qu'ils étaient prêts à intensifier la coopération sous réserve de lever les contraintes au monde des affaires.
L'Algérie étant principalement exportateur d'hydrocarbures, il faut être également conscient que l'Allemagne peut s'approvisionner en pétrole et gaz de la Russie à travers les canalisations déjà opérationnelles En bref, dans la pratique des affaires, il n'existe pas de sentiments, mais que des intérêts. Espérons que la visite de la chancelière Angela Merkel suite à l'invitation de Son Excellence Monsieur le président de la République, puisse intensifier la coopération dans les domaines économiques et géostratégiques dans le cadre du respect mutuel.